"Nos nouveaux locaux seront trois fois plus grands qu’actuellement et nous serons dans un cadre magnifique, à Orcines, au pied du Puy-de-Dôme", se réjouit Sébastien Jolivet. Ce sommelier de formation et ancien grossiste a relancé la marque Génestine en 2021.
Cette distillerie historique, fondée en 1845 à Clermont-Ferrand, avait disparu dans les années 1950. Elle est, aujourd’hui, en plein développement avec plus de 80 000 bouteilles commercialisées par an (vermouth, apéritif à la gentiane, pastis ou liqueur de menthe poivrée…). L’entreprise prévoit de déménager, au printemps prochain, dans un ancien entrepôt de menuiserie de 350 m² en cours de restauration. Total de l’investissement : 120 000 euros.
Une chaîne d’embouteillage et d’étiquetage prévue
"Si nous voulons soutenir notre croissance, il nous faut plus de surface pour produire mieux. Nous prévoyons aussi de nous équiper d’une chaîne d’embouteillage et d’étiquetage pour automatiser ces tâches. Et les cuves de macération pour nos liqueurs pourront être plus grandes, on passera de 500 à 1 000 litres. Nos recettes, elles, ne changeront pas, tout comme nos process de production", souligne Sébastien Jolivet, qui table sur une augmentation de ses ventes de 20 % cette année avec un temps fort pour les fêtes.
Étoffer la gamme avec des rhums et whiskies
Génestine (1,7 million d’euros de CA, avec l’autre société du petit groupe Les Artisans du Vin) commence aussi à développer ses marchés à l’export. Elle vient de signer un gros contrat avec un importateur chinois pour 30 000 bouteilles l’année prochaine et un autre avec un Américain pour 1 200 bouteilles de vermouth.
"Là, nous changeons de dimension et nous espérons que cela fera boule de neige. Aujourd’hui, l’export représente entre 5 et 10 % de notre chiffre d’affaires, nous visons les 30 à 40 %. Nous sommes déjà présents chez des cavistes ou dans des restaurants dans une quinzaine de pays, en Espagne, Autriche, Belgique et en Asie avec Singapour notamment. Nous avons désormais des perspectives au Proche-Orient", explique le chef d’entreprise qui emploie 5 salariés.
Autre axe de développement pour la distillerie : étoffer sa gamme de spiritueux, qui compte aujourd’hui dix références. Génestine a sorti trois nouveautés cette année, deux gins et une liqueur à la mandarine. "Cette dernière rencontre un fort succès depuis son lancement en octobre. Notre stock de 5 000 bouteilles était prévu pour durer un an, mais tout va être écoulé en trois mois. Nous lancerons donc deux nouvelles productions en janvier et mars", précise Sébastien Jolivet.
Des projets dans les cartons
La distillerie prévoit également de commercialiser, dans les deux ans, deux rhums et deux whiskies afin de proposer une gamme complète. Et Génestine fourmille de projets. Sébastien Jolivet compte développer, prochainement, le "spiritourisme" (tourisme autour des spiritueux), avec des visites de ses chais d’élevage et la création d’un musée autour de la marque. Avant de "réveiller" Génestine, ce passionné avait entamé un vaste travail de recherche et rassemblé des photos, des vieilles bouteilles ou des objets publicitaires autour de ce fleuron local, l’une des plus importantes distilleries françaises du début du XXe siècle.