À peine arrivé à la présidence du conseil général des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti a lâché une bombe sur un dossier déjà brûlant: la LGV Paca. La future ligne de train à grande vitesse du sud-est, tant attendue sur la Côte d'Azur, mais qui divise habitants et élus de la Région, empruntera "le tracé nord" pour relier Paris à Nice et évitera Marseille, affirme l'élu azuréen. «On en a la certitude», a-t-il déclaré. Des propos qui faisaient suite à une réunion tenue au siège du conseil général des Alpes-Maritimes, avec le maire de Nice et des responsables de la SNCF. Le tracé nord transite par la gare TGV de l'Arbois (Aix-en-Provence) et rejoint Nice par le centre-Var, traversant les vignobles, alors que le tracé sud, dit "des métropoles", relie Nice par Marseille et Toulon.
Trois milliards d'écart
Avec trois milliards d'euros d'écart entre les deux projets, le coût du tracé nord s'élevant à 8,5milliards contre 11,5milliards pour celui "des métropoles", «les raisons de ce choix sont évidentes», reprend l'élu. De plus, la faisabilité technique du tracé nord serait également entrée en ligne de compte dans la décision finale, le tracé en zone urbaine, au sud, étant naturellement «plus compliqué». Une annonce très mal accueillie par les élus des Bouches-du-Rhône qui soutiennent le tracé sud. La députée-maire d'Aix-en-Provence Maryse Joissains-Masini a ainsi d'emblée dénoncé «l'arrogance d'Éric Ciotti». «Je trouve inadmissible que M.Ciotti se permette d'annoncer que la décision est d'ores et déjà prise. Au-delà de la discourtoisie que cela dénote, c'est d'un grand mépris pour les 350.000 habitants que je représente», a-t-elle déclaré. «Je suis aujourd'hui aux côtés des habitants du Pays d'Aix, mais aussi de ceux de l'arrière-pays varois et de l'arrière-pays niçois qui refusent des nuisances inutiles dans la mesure où il y a d'autres solutions. Quant au coût du tracé nord qui serait moins onéreux, à ce niveau d'aménagement du territoire, la logique financière n'est pas la seule qui prévale», a-t-elle ajouté. «Ce serait une erreur que la LGV Paca ne passe pas par les métropoles et notamment Marseille», a déploré en écho Eugène Caselli, président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, «étonné» que la nouvelle soit annoncée par le président du Conseil général des Alpes-Maritimes sans que les élus des Bouches-du-Rhône n'aient été concertés. La préfecture des Bouches-du-Rhône n'a de son côté pas fait de commentaires, de même que la mairie de Marseille, qui préfère attendre une annonce officielle de l'État pour s'exprimer. Éric Ciotti a notamment allié son effet d'annonce à un effort de lobbying politique: 27 parlementaires de la Région ont co-signé une lettre demandant aux pouvoirs publics «d'établir la clef de répartition des financements de ce projet vital pour le sud-est de la France». La missive est partie au cabinet du ministre de l'aménagement du territoire, Jean-Louis Borloo, qui dévoilera le choix du tracé final le 12février prochain.
À quelques semaines d'une décision finale, le président du conseil général des Alpes-Maritimes a pris les devants en annonçant le choix du tracé nord.