Créer une marque ombrelle pour être visible et attractif comme sous-traitant de la filière électrique, telle est l’ambition de Stéphane Noiret, président du groupe LesBienCâblés (130 salariés ; 45 M€ de CA en 2024). Spécialiste du tableau électrique intelligent, le groupe industriel lyonnais qu’il est en train de créer réunit trois PME. Il s’agit de Sate (plus de 20 M€ de CA ; 60 salariés) située à Dax (Landes) dont il est président, la nancéenne TEEI (3,50 M€ de CA ; 15 salariés) reprise en janvier 2023 et la rhodanienne S.E.R. (16 M€ de CA ; plus de 70 salariés) sise à Belleville-en-Beaujolais (Rhône) et acquise en novembre 2023. La holding désormais baptisée LesBienCâblés est détenue à 63 % par Stéphane Noiret et un associé, aux côtés du fonds d’investissement lyonnais AMDG.
Créer des synergies
Le groupe associe des entreprises positionnées sur des marchés complémentaires. Alors que Sate se développe sur les marchés de la mobilité électrique et des énergies renouvelables, la nancéenne TEEI est spécialisée dans l’industrie, avec des clients comme la cristallerie Baccarat et les usines Paprec. Enfin, la rhodanienne S.E.R., spécialiste des projets tertiaires (Accor Arena, La Samaritaine, etc.), devrait prochainement s’agrandir pour accroître sa capacité de production.
Complémentaires et solidaires. L’idée, c’est aussi de faire travailler ensemble les trois PME, qui disposent conjointement de 4 000 m2 d’usines de production d’armoires électriques - dont certaines sont spécialisées en grandes séries, et d'autres, dans le sur mesure -, et de trois bureaux d’études qui renforcent la capacité du groupe à répondre à des appels d’offres. L’expérience de SATE acquise dans la digitalisation va servir à ses sociétés sœurs. "Nous sommes en train de digitaliser nos ateliers, comme chez Sate où un robot contrôle et teste les armoires fabriquées pour le photovoltaïque", illustre-t-il sans dévoiler de montant d’investissement. Enfin, en se réunissant les trois PME se donnent les moyens d’être "mieux accompagnées dans le cadre de partenariats sur le plan de la RSE avec des industriels comme Schneider Electric".
Travailler sa marque employeur
"Nous voulions aussi une appellation qui valorise notre métier", ajoute Stéphane Noiret, qui confie une difficulté à recruter dans un secteur peu connu et attractif. Nous recherchons une quinzaine de personnes, des monteurs câbleurs, des chargés d’affaires et des techniciens de bureau d’études". Pour trouver les compétences dont elle a besoin, Sate travaille notamment avec le GEIQ "A Lundi" qui accompagne des publics éloignés de l’emploi. "20 % de nos salariés sont issus de publics issus de parcours chaotiques que l’on forme", ajoute-t-il.
Le groupe veut se développer sur les marchés du nucléaire, des data centers et des énergies renouvelables. "D’ici 5 ans, nous visons un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros par croissance organique mais aussi en reprenant d’autres tableautiers modernes et dotés de solides bureaux d’études, en île de France par exemple", affirme-t-il. Sachant que la croissance d’un tableautier puise ses racines dans son territoire, comme SER dont 70 % du chiffre d’affaires est local et 30 % réalisé en région parisienne.