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Les Trois Tricoteurs lèvent 2 millions d’euros pour accélérer leur développement
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Les Trois Tricoteurs lèvent 2 millions d’euros pour accélérer leur développement

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La jeune entreprise roubaisienne Les Trois Tricoteurs vient de boucler une levée de fonds de 2 millions d’euros. Celle-ci conçoit et fabrique des vêtements en laine ou coton, à la demande. Face à une demande croissante, en particulier en B to B, la start-up va augmenter sa capacité de production et recruter.

Les Trois Tricoteurs disposent de 800 m² d'atelier au sein du tiers-lieu roubaisien Tissel, dédié à l’économie circulaire — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Dans un contexte de ralentissement global de la consommation, le pari du made in France ne s’avère pas toujours porteur pour les entreprises de la filière textile. Une start-up nordiste ne partage toutefois pas les inquiétudes du secteur : Les Trois Tricoteurs. Affichant une croissance rentable depuis sa création en 2020, la jeune pousse vient de lever 2 millions d’euros, afin d’accélérer. Son atout : la fabrication de vêtements à la demande, grâce à des machines à tricoter innovantes et automatisées.

Un made in France compétitif

Dans son atelier situé au cœur de Tissel, un tiers-lieu dédié à l’économie circulaire à Roubaix, Les Trois Tricoteurs réalisent des pulls, bonnets, écharpes, gants, en laine mérinos, et des chaussettes en coton bio. Des produits made in France, qui ont la particularité d’être fabriqués à la demande, sur des machines à tricoter de dernière génération. "La machine réalise le produit en une seule pièce, sans coutures", explique Sacha Motta, dirigeante et cofondatrice. Seules quelques finitions doivent être réalisées à la main, comme rentrer les fils ou repasser le vêtement. "Cela limite la main-d’œuvre, qui est un coût important en France, et nous permet donc d’être compétitifs", souligne-t-elle.

Les Trois Tricoteurs, basés à Roubaix (Nord), fabriquent des vêtements en laine ou en coton, sur commande — Photo : Les Trois Tricoteurs

Le chiffre d’affaires double tous les ans

Cette automatisation n’empêche en rien la création d’emplois. Les Trois Tricoteurs comptent 17 collaborateurs et vont recruter cinq personnes supplémentaires en 2025. "Notre business plan initial prévoyait un premier salarié au bout de trois ans", s’amuse la dirigeante. Mais l’activité a pris son envol plus vite que prévu. En 2023, la start-up a réalisé un chiffre d’affaires de 570 000 euros, "un chiffre qui double tous les ans", commente Sacha Motta.

Face à ce rythme, Les Trois Tricoteurs ont besoin de machines supplémentaires et de recruter, ce qui a motivé la levée de fonds. Malgré le succès du concept, cette opération a pris deux ans : "pas mal de financeurs se sont montrés frileux car il s’agissait du secteur textile", constate Sacha Motta. Le tour de table a finalement été bouclé auprès d’Autonomie et Solidarité, une coopérative des Hauts-de-France qui finance une économie durable et de l’entreprise familiale nordiste Segard Masurel, spécialisée dans le commerce et la transformation de la laine.

"Pas mal de financeurs se sont montrés frileux car il s’agissait du secteur textile."

Une accélération vers le B to B

Les Trois Tricoteurs vendent leurs produits pour moitié auprès des particuliers et pour l'autre, auprès des professionnels. La start-up souhaite toutefois accélérer sur le B to B. Parmi ses réalisations récentes : 100 écharpes personnalisées pour le basket club d’Orchies ou des pulls sans manches pour Cyrillus. "Nous proposons aux marques une production en petite quantité, voire à l’unité, au fil de leurs besoins, ce qui évite le surstockage et les invendus", explique la dirigeante. Cette montée en puissance permettra de limiter la saisonnalité de l’activité : "nous réalisons 50 % du chiffre d’affaires sur les trois derniers mois de l’année", admet la dirigeante.

La levée de fonds viendra encore soutenir l’ouverture, courant 2026 et en région, d’un deuxième bar-atelier, semblable à celui de Roubaix, où il est possible de boire un verre tout en observant la fabrication. Un concept qui doit être déployé en France, à la fois pour se faire connaître et "produire là où on vend", insiste la dirigeante.

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