Michel Barnier, membre des Républicains, a finalement été choisi par Emmanuel Macron au poste de Premier ministre. Il succède à Gabriel Attal qui avait remis la démission de son gouvernement le 16 juillet dernier, après des élections législatives anticipées. Les organisations patronales et les représentants des filières ont rapidement réagi pour rappeler leurs priorités.
La CPME salue un "homme de grande expérience"
La CPME a indiqué accueillir "avec satisfaction la nomination d’un Premier ministre et se réjouit de voir cette fonction confiée à un homme de grande expérience". Selon l’organisation patronale, "son parcours politique et parlementaire, tant au niveau territorial que national et européen, sera sans nul doute utile pour convaincre les députés de faire preuve de responsabilité en acceptant de conduire les indispensables réformes dont notre pays a tant besoin".
La CPME a rappelé les priorités qu’elle avait déjà listées en début de semaine : réduire les dépenses publiques, éviter une hausse des prélèvements obligatoires et du coût du travail, maintenir une politique de l’offre, renoncer à une hausse du Smic. L’organisation patronale indique attendre du prochain gouvernement "qu’il reprenne la démarche de simplification administrative en faisant enfin aboutir le test PME" et qu’il mène des réformes dans le logement afin que le secteur soit "un vecteur de croissance".
"Nos entreprises ont besoin d’une vision stratégique claire"
Autre organisation représentant les entreprises, Croissance Plus se réjouit de "la fin de cette période d’incertitude politique". "Nos entreprises ont besoin d’une vision stratégique claire et ambitieuse pour le pays", a réagi Audrey Louail, présidente de l’organisation.
Elle appelle à lutter contre le chômage, à placer l’investissement au cœur des priorités autour d’un cadre "favorable à la réindustrialisation et à la poursuite d’une politique de l’offre avec une meilleure orientation de l’épargne vers les PME et ETI et une simplification des normes". Croissance Plus souhaite également une réforme de la fiscalité. "Nous rencontrerons les différentes forces politiques pour construire ensemble les solutions qui permettront de débloquer notre pays", ajoute la présidente du mouvement.
L’immobilier, le bâtiment et le transport alertent sur leurs difficultés
Pour le secteur de la promotion immobilière, qui fait face à de fortes baisses des mises en vente et des réservations, "il était temps d’avoir un Premier ministre, j’attends désormais la nomination du ministre de l’Économie ou du Logement avec impatience", commente Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers. La FPI attend "une volonté politique, qui n’existait pas avec l’ancien gouvernement".
Même message du côté de la Capeb, qui appelle le Premier ministre "à considérer le sujet du logement comme une priorité et à le traiter sans délai avec l’ensemble de la filière et en recourant à tous les leviers à sa disposition". L’artisanat du bâtiment connaît une baisse de son activité de 3 % en glissement annuel.
Côté transports, l’Union TLF alerte "sur la situation économique du secteur", qui fait face à "une vague de défaillances jamais vue depuis 1990". Les représentants des entreprises de transport et de logistique de France appellent le gouvernement et le parlement à baisser le niveau de fiscalité pour les rapprocher de la moyenne européenne, à défendre la compétitivité dans la logistique et à maintenir le soutien au verdissement des flottes.