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Les PME de 50 à 100 salariés sévèrement touchées par les défaillances d’entreprises
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Les PME de 50 à 100 salariés sévèrement touchées par les défaillances d’entreprises

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Avec plus de 16 000 défaillances d’entreprises au 2e trimestre 2024, la conjoncture a rattrapé les entreprises selon une étude d’Altares. Certains types de sociétés sont davantage touchés comme les PME de 50 à 100 salariés et les microentreprises de moins de 3 salariés.

Parmi les défaillances d’entreprises, les liquidations judiciaires directes sont les plus nombreuses — Photo : scorcom

Les PME de 50 à 100 salariés représentent la catégorie d’entreprises la plus fragile face aux défaillances. Selon l’étude Altares sur les défaillances et sauvegardes d’entreprises au 2e trimestre 2024, le phénomène augmente deux fois plus vite que la moyenne dans cette catégorie d’entreprises avec 80 sociétés touchées.

"Financièrement, ces PME ne sont pas suffisamment solides pour faire face à un effet ciseau de baisse des revenus et d’augmentation des charges", explique Thierry Millon, directeur des études chez Altares. Ces entreprises affichent une augmentation rapide du nombre de défauts (+ 48 %) et des liquidations judiciaires (+ 91 %). Le secteur du transport routier de marchandises et celui de la sécurité privée sont particulièrement concernés.

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Du mieux pour les PME d’au moins 100 salariés

Les entreprises de petites tailles sont aussi touchées. Sur les 16 371 défaillances du 2e trimestre 2024, 12 000 défaillances concernent des sociétés de moins de trois salariés. Une situation qui s’explique notamment par un rattrapage de l’Urssaf. "De nombreuses entreprises ont signé un moratoire avec l’Urssaf leur permettant d’étaler la dette sociale cumulée en 2020 et 2021 pour une durée de 24 mois. Ce qui explique une poussée des défauts fin 2023", détaille Thierry Millon.

À l’inverse, les PME de tailles plus importantes et les ETI connaissent une amélioration de leur situation. 45 entreprises d’au moins 100 salariés ont fait défaut au 2e trimestre 2024, en baisse de 17 %. Néanmoins, elles représentent 25 000 postes sur les 69 500 emplois menacés sur la période.

Des entreprises dans un "effet ciseau"

Avec plus de 16 000 défaillances sur le trimestre, ce niveau a été rarement atteint. "C’est un nombre que nous avons vu à deux autres reprises, lors de la crise financière et de la dette souveraine", rappelle Thierry Millon. Une situation liée à un "effet ciseau" en lien avec les tensions sur les prix des matières premières en 2022 puis sur l’énergie en 2023.

64 000

"Sur deux ans, le surcoût d’exploitation a été non négligeable, en face d’une dette Covid elle aussi non négligeable et parfois, sans augmentation des revenus", poursuit le directeur des études chez Altares. La phase de rattrapage de la crise sanitaire s’achève mais la conjoncture commence à peser sur les entreprises.

Altares constate cependant une décélération des défaillances au 2e trimestre et même un reflux sur certaines activités, comme le commerce de prêt-à-porter, la boulangerie ou encore la restauration traditionnelle. "Ce sont de bons signaux qui permettent de maintenir l’objectif de 64 000 défauts à la fin 2024", anticipe Thierry Millon.

La construction toujours fortement touchée

Parmi les secteurs les plus touchés, la construction reste fragile et aucun signe d’amélioration n’est relevé. Dans la maçonnerie, 850 défauts ont été enregistrés au 2e trimestre 2024, 274 dans la construction de maisons individuelles, 215 dans la plâtrerie, 260 dans la menuiserie ou encore 290 dans les agences immobilières. Le second œuvre quant à lui souffre de l’absence de déménagement, et donc de travaux, et le succès espéré sur les rénovations énergétiques n’a pas été au rendez-vous.

La crise de l’immobilier frappe encore la quasi-intégralité du secteur à l’exception des travaux publics qui bénéficient encore des chantiers liés aux Jeux Olympiques et aux remises à niveau dans les territoires. Selon Thierry Millon, "il y a peu d’espoir sur l’immobilier sur la fin d’année".

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