Les laboratoires Gattefossé revoient leurs process pour réduire drastiquement les consommations d’eau
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Les laboratoires Gattefossé revoient leurs process pour réduire drastiquement les consommations d’eau

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En intégrant la gestion de l’eau à chaque étape du cycle de vie de ses produits pharmaceutiques, Gattefossé a réduit la consommation d’eau de 14 % par tonne de produit fabriqué sur son site de Saint-Priest, près de Lyon. Et ce n’est que le début, 2,2 millions d’euros seront encore investis pour optimiser davantage la gestion de l’eau d’ici 2027.

Laurent Schubnel, responsable RSE de Gattefossé — Photo : Chloé Lapeyssonnie

Réduire l’empreinte hydrique sans freiner la production, ni déroger aux bonnes pratiques de fabrication pharmaceutique : c’est l’équation qu’ont résolue les laboratoires Gattefossé (440 salariés, 158,50 M€ de CA en 2025) avec le projet Poséidon. Le spécialiste lyonnais des ingrédients naturels pour la beauté et la santé a été distingué par France Chimie dans le cadre des Trophées Responsible Care pour cette démarche intégrée déployée sur son site (et siège social) de Saint-Priest (260 salariés). Mais au-delà du label, c’est la méthode qui retient l’attention.

Economiser l’eau dans les process de nettoyage

Le projet repose sur trois leviers activés simultanément : l’optimisation des cycles de fabrication et de nettoyage pour réduire les prélèvements, la réutilisation accrue de l’eau et de l’énergie déjà mobilisées, et l’intégration de l’enjeu hydrique dès la conception des produits. Concrètement, l’industriel a revu ses standards de nettoyage – principal poste consommateur d’eau – et ajusté ses campagnes de production. "En enchaînant plusieurs productions utilisant la même molécule, cela nous permet de limiter les lavages intermédiaires", explique Laurent Schubnel, responsable RSE des laboratoires Gattefossé.

1,2 million de litres

Les résultats sont tangibles. En deux ans, la consommation d’eau par tonne produite a reculé de 14 %. En 2024, 800 000 litres ont été économisés grâce à l’optimisation des campagnes de production, auxquels s’ajoutent 400 000 litres via un arrêt optimisé des refroidisseurs. La récupération de chaleur permet parallèlement 32 % d’économies de gaz, démontrant l’effet systémique de la démarche.

Démarche transversale

Cette approche transversale a mobilisé les services R & D, production, maintenance, et qualité, au total une équipe pluridisciplinaire d’une vingtaine de personnes, mais sans investissements significatifs. "Avec le service qualité, nous avons redéfini les processus de nettoyage selon la typologie du produit, tout en gardant la même exigence d’hygiène", déroule le responsable RSE.

"Nous avons formé nos opérateurs et installé des chronomètres dans l’usine pour les aider à mesurer le temps de nettoyage des équipements"

Remise à plat des modes opératoires, expérimentation de nouvelles méthodes : le "comment" passe par une transformation des pratiques sur le terrain, afin d’ancrer les gains dans la durée. "Nous avons formé nos opérateurs et installé des chronomètres dans l’usine pour les aider à mesurer le temps de nettoyage des équipements", ajoute-t-il.

Nouvel investissement en 2027

La prochaine étape est plus ambitieuse encore. Après un premier investissement significatif en 2025 (200 000 euros pour un système de clarification des boues la station d’épuration), Gattefossé va encore investir 2,2 millions d’euros en 2026-2027. "Nous voulons réduire notre consommation d’eau de 50 % en 2030, comparée à 2021", annonce Laurent Schubnel. Le seul déploiement du NEP (Nettoyage En Place) devrait réduire de 60 à 80 % la consommation d’eau sur les lavages industriels. Il s’agit d’un procédé automatisé qui fait circuler des solutions de nettoyage à l’intérieur des équipements industriels. Le système concilie haute qualité des nettoyages et optimisation de la consommation d’eau.

L’eau est aussi réutilisée (donc moins prélevée), comme lorsque Gattefossé retire de l’eau d’un actif extrait dans son usine pour le concentrer. Le liquide récupéré par osmose devient une eau ultrapropre qui est réinjectée dans les process de fabrication.

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