Les carriers et granitiers bretons inquiets pour leurs carrières

Les carriers et granitiers bretons inquiets pour leurs carrières

Stéphane Durand-Guyomard, 47 ans, est le nouveau patron de l’Unicem Bretagne, qui regroupe carriers et granitiers. Élu pour trois ans, il alerte les pouvoirs publics : les carrières bretonnes ne pourront bientôt plus répondre aux besoins de la région.

Stéphane Durand-Guyomard, tout juste élu président de l’Unicem Bretagne, vous tirez déjà la sonnette d’alarme pour votre profession. Pourquoi ?
Parce que je suis inquiet pour la capacité de la filière à répondre aux besoins de la Bretagne. Dans les années à venir, on annonce 25.000 nouveaux Bretons par an. Ces nouveaux habitants, il va falloir leur construire des maisons, des crèches, des lycées, etc. Aujourd’hui, un Breton consomme 8 à 10 tonnes de matériaux par an.

Si on multiplie par 25.000 nouveaux Bretons, ça veut dire qu’il faut 250.000 tonnes de plus par an. Or, aujourd’hui, on a de grosses difficultés à accéder à la ressource, c’est-à-dire le sable et les graviers.




Pourquoi ?
Ce sable et ces graviers, on les fabrique dans les carrières. Mais aujourd’hui, on n’arrive plus à ouvrir de nouveaux sites. Durant les vingt dernières années, on en a ouvert seulement trois.

Dans le même temps, on en a fermé plus de cinquante.




Pourquoi n’arrive-t-on plus à ouvrir de nouvelles carrières ?
Il y a trois raisons majeures d’opposition. Une opposition citoyenne, la compétition avec les autres usagers du sol comme l’agriculture, et la non prise en compte de nos activités dans les PLU (plans locaux d’urbanisme) et les SCOT (Schémas de cohérence territoriale).




Que reprochez-vous aux décideurs politiques ?
Aujourd’hui, les élus prévoient l’aménagement à long terme de leurs territoires mais jamais ils ne se posent la question « D’où va venir le matériau pour construire ?». Or, une maison, c’est 300 tonnes de gravier. Un lycée, 3.000 tonnes. Un kilomètre d’autoroute, 30.000 tonnes. Ces tonnes-là, où est-ce qu’on va les trouver ? Il faut donc faire en sorte de dégager des zones et dire « C’est là qu’on fera les carrières demain !».