«Il y a 26millions d'habitants sur la grande agglomération de Shanghai, soit plus d'un tiers de la population française», Vincent Durozey, président de Ledun Pêcheurs d'Islande, entreprise de 300 salariés dont le chiffre d'affaires 2011 avoisine les 65M€, en est convaincu: «Le potentiel est énorme!» Car, les Chinois sont friands de poissons mais aussi de produits français. Deux cartes maîtresses pour la société fécampoise spécialiste des salaisons, du conditionnement et de la transformation des produits de la mer qui souhaite faire passer sa production à l'export de 5% de son chiffre d'affaires à près de 20%, grâce au seul marché chinois. Soutenu par la Coface à hauteur de 150.000€, l'entreprise a ouvert un bureau et un magasin (installé au marché au poisson de Shanghai équivalent de Rungis) fin 2011. Une installation longue pour laquelle il a fallu compter six mois, car les chinois n'ouvrent pas facilement leurs portes. «Et encore, nous ne sommes qu'une société de négoce, nous ne fabriquons rien sur place, c'est donc moins compliqué. De plus, les Chinois exigent des garanties financières importantes pour créer une société avec un minimum de 125.000€», précise Vincent Durozey. Le président de Pêcheurs d'Islande rappelle aussi qu'à l'arrivée en Chine, ses produits sont taxés à hauteur de 23%!
Se positionner
Si les chinois consomment du saumon frais, en revanche, ils ne connaissent pas le saumon fumé. Même si, seule une partie de la population pourra accéder à ce produit, le marché qui s'ouvre à Ledun Pêcheurs d'Islande semble prometteur grâce aux nombreux expatriés vivants en Chine, aux chaînes de supermarchés pour Européens et aux hôtels haut de gamme, clients pour le saumon fumé et les grosses crevettes: «Nous travaillons également sur une filière bulots et à revendre nos déchets de poissons: peaux de saumons réutilisées pour faire du cuir, têtes de saumons pour faire des soupes», explique Vincent Durozey. C'est le nom «André Ledun» qui a été choisi pour cette installation chinoise, un nom de marque à l'accent français, véritable atout dans l'empire du milieu. «C'est très porteur d'être français. C'est pourquoi, les packagings produits sont très orientés mode de vie français. Pour traiter avec les Chinois, il faut montrer qu'on a des moyens, paraître. Il faut aussi passer beaucoup de temps avec eux, gagner leur confiance: ils ne sont pas pressés». La société fécampoise dispose sur place d'un bureau au coeur de Shanghai et d'un magasin/boutique sur le marché au poisson local avec un entrepôt capable de stocker 20 tonnes de produits surgelés. Un marché ouvert 7/7 pour des restaurateurs et commerçants qui viennent se ravitailler en continu. Le spécialiste des salaisons cherche d'autres développements en Asie, notamment au Vietnam, pays ou pour l'instant, il se heurte à de complexes autorisations d'exportation.
www.pecheurs-islande.fr
Alimentation. La société fécampoise spécialiste des salaisons, du conditionnement et de la transformation des produits de la mer, ouvre une filiale à Shanghai.