Le tribunal valide la reprise d’Ascometal par le fonds d’investissement Greybull
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Le tribunal valide la reprise d’Ascometal par le fonds d’investissement Greybull

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La reprise des sites d’Ascometal par le fonds de retournement Greybull a été validée par le tribunal de Strasbourg. 759 salariés sur 782 du fabricant d'aciers spéciaux devraient être repris et un projet de diversification vers le marché de l’armement est au programme.

Le plan de Greybull devrait permettre la reprise de 759 salariés sur 782 — Photo : Ascométal

Mettant fin à une série de rebondissements, la chambre commerciale du tribunal de Strasbourg a validé le plan de reprise d’Ascometal par le fonds d’investissement Greybull. Ce dernier s’apprête à reprendre les sites d’Ascometal Hagondange en Moselle (450 salariés), de Custines en Meurthe-et-Moselle (70 salariés), des Dunes dans le Nord, du Marais dans la Loire (70 salariés), et de la holding. Au total et d’après le plan de cession, 759 salariés devraient être repris et 23 non-repris. "Après d’innombrables retournements de situation, c’est un soulagement. Nous avons confiance en ce nouveau repreneur", souffle Alain Hilbold, élu CFDT.

L’entrée en jouissance du plan de cession aura lieu au plus tard le 20 juillet. "Elle pourrait intervenir plus tôt si l’État débloque son prêt avant cette date", explique Alain Hilbold. Fabricant d’aciers spéciaux, Ascometal livre les secteurs de l’automobile, de la mécanique, ou encore de l’énergie.

85 millions d’euros d’aides de l’État

L’accord conclu entre Greybull et l’État prévoit "un premier prêt du Fonds pour le développement économique et social (FDES) de 45 millions d’euros apporté par l’État français, découpé ainsi : 30 millions dès la reprise, puis 15 millions au 1er octobre 2024", explique la CGT dans un communiqué. "La deuxième tranche de 40 millions d’euros serait apportée dans un an, soit sous forme de garanties bancaires, soit sous forme de prêt FDES", ajoute le communiqué.

Quant à Greybull, ce dernier doit apporter 90 millions d’euros de financements. "Ce n’est pas très clair, car il prévoit la possibilité de remplacer l'apport, pour 75 millions sur ces 90 millions d’euros, par un apport d’investisseurs tiers (des banques, NDLR)", poursuit le syndicat.

Un projet de diversification vers l’armement

Spécialisé dans les acquisitions et les redressements d’entreprises en difficulté, Greybull souhaite diversifier les activités d’Ascometal et favoriser une synergie entre les différents sites. "Nous allons nous orienter vers le marché de l’armement, c’est là qu’il y a une forte demande", annonce Alain Hilbold.

Fabricant d’aciers spéciaux, Ascometal livre les secteurs de l’automobile, de la mécanique, ou encore de l’énergie — Photo : Ascométal

Le fonds de retournement envisage ainsi de mettre en place "une voie lingots", autrement dit un dispositif pour la fabrication d’obus à Hagondange et de remettre en service le laminoir du site de Leffrinckoucke (Nord). "La mise en œuvre de ce projet permettra non seulement de diversifier nos carnets de commandes, aujourd’hui trop dépendants de l’automobile, mais également de bénéficier d’une filière intégrée entre ces deux usines", anticipe le CSE d’Ascometal.

Une réorganisation des sites

Dans un point avec les syndicats, la direction de Greybull a annoncé renforcer les effectifs structurels à Hagondange, ou encore rechercher de nouveaux supports externes d’ingénierie pour mener à bien les projets de diversification. Greybull a également annoncé être en contact avec Marcegaglia, qui a repris le site Ascometal de Fos-sur-Mer, afin de "négocier et consolider des relations stratégiques", explique la CGT. Enfin, concernant la structure juridique de l’entreprise, "un changement de nom et la création d’une nouvelle entité avec des établissements, ainsi que la mise en place d’une société unique pour simplifier la gestion fiscale et administrative", ont été annoncés et rapportés par le syndicat. Concernant les aspects opérationnels de l’entreprise, Greybull prépare de nouvelles annonces qui seront délivrées le 10 juillet 2024. Et, concernant l’organisation générale et la continuité managériale, "la DG a indiqué que des informations plus détaillées seraient fournies en septembre", continue la CGT.

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