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Transeli veut doubler sa capacité de traitement et de valorisation des déchets
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Transeli veut doubler sa capacité de traitement et de valorisation des déchets

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À Taillis, en Ille-et-Vilaine, Transeli traite et valorise les graisses organiques et déchets industriels. Une activité née il y a vingt ans des besoins de Leblanc Environnement, qui les collecte. Pour faire face à une demande grandissante, Transeli veut doubler ses unités de traitement.

Olivier Bories, directeur et associé de Transeli, avec Denis Leblanc (au centre), PDG et fondateur de Transeli et de Leblanc Environnement, et Aurélien Leblanc, directeur de la collecte (Leblanc Environnement) — Photo : Virginie Monvoisin

Elles sont peu nombreuses, les entreprises privées de traitement et valorisation des déchets industriels et matériaux organiques. En Ille-et-Vilaine, Leblanc Environnement fait office de pionnier dans la collecte de ces déchets, et de pionnier encore dans leur valorisation. Dès 1988, l'entrepreneur Denis Leblanc a voulu "faire quelque chose pour l’environnement en local". Il se lance avec son camion pour collecter les graisses en tout genre dans l’agroalimentaire, la restauration, les cantines ou issues de l’usage des particuliers. "À l’époque, on parlait peu de l’environnement, rembobine l’entrepreneur. On stockait cela dans des fosses chez des agriculteurs, équipées d’un système de décantation afin de retenir les corps étrangers. Puis, les déchets partaient en incinération ou étaient valorisés pour l’amendement, les graisses orientées vers des centres externes de traitement".

Une innovation écologique

En 2003, en collaboration avec un ingénieur, Denis Leblanc met au point un réacteur biologique qui lui permet de valoriser lui-même les déchets. C’est ainsi qu’est né Transeli, pour "transformer les graisses en produits nobles et en amendement", résume le fondateur. Cette innovation écologique lui permet de garder son coup d’avance.

Avec l’arrivée de réglementations environnementales de plus en plus drastiques, Transeli doit grandir. Il transforme actuellement les déchets que Leblanc Environnement collecte dans toute l’Ille-et-Vilaine avec 30 camions (depuis trois sites à Taillis, Rennes et Redon), et ceux d’acteurs de l’environnement. Il passe ainsi, dans ses structures techniques installées en extérieur et agréées par la préfecture, 16 500 tonnes de déchets liquides non dangereux par an. À cela s’ajoutent 2 200 tonnes de déchets liquides et solides hydrocarburés (issues de pistes de lavage, de carrosseries par exemple), et 1 700 tonnes de sables de curage de réseaux et de balayage de voirie. Une activité qui emploie 50 salariés au sein de quatre structures (10 chez Transeli), et permet à l’ensemble du groupe de réaliser 8 millions d’euros de chiffre d’affaires (dont 2,2 M€ pour Transeli).

4,3 millions d’euros d’outils industriels

Mais la demande afflue. "Il y a de plus en plus de voitures sur les routes, donc plus de fuites de carburants et d’hydrocarbure qui tombent sur la voirie, de plus en plus de normes aussi à respecter pour les collectivités et les industriels", explique Olivier Bories, directeur général de Transeli, ancien salarié devenu associé du fondateur. Et futur repreneur de la société de valorisation d’ici quelques années. Un projet d’agrandissement du site de traitement et de valorisation est donc à l’étude, les dossiers ont été déposés en préfecture (pour installation classée pour la protection de l’environnement - ICPE). Transeli vise le traitement de 36 000 tonnes des déchets non dangereux, 10 000 tonnes de déchets hydrocarburés et 7 300 tonnes issus du balayage.

Il va donc devoir investir 4,3 millions d’euros pour mettre de nouveaux équipements en service avant fin 2025, et ainsi doubler son parc, et son chiffre d’affaires.

5 000 tonnes de compost produit biologiquement

En parallèle, Transeli développe en interne de nouveaux procédés. Il a notamment mis au point un procédé innovant et écologique destiné à éliminer les déchets urbains et industriels (boues, graisses, sables, matières organiques…), qui permet d’économiser beaucoup d’eau. Avec les liquides non dangereux, il arrive à créer 5 000 tonnes de compost, "et ainsi aller au bout de la valorisation", explique Denis Leblanc.

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