Le transporteur et logisticien rhodanien Dimotrans Group (2 200 salariés ; 663 M€ de CA en 2024) poursuit sa trajectoire de croissance. Porté par un marché de la logistique qui ne cesse de croître d’année en année, le groupe basé à Pusignan (Rhône) a décidé de donner un coup d’accélérateur à sa filiale logistique Dimolog en augmentant ses capacités en Bretagne.
C’est depuis un entrepôt flambant neuf de 19 000 m² (avec possibilité d’extension à 30 000 m²) sur l’axe Rennes-Nantes, à Bain-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), que Dimolog va désormais assurer l’ensemble des livraisons de commandes e-commerce du groupe L’Oréal pour l’Europe. "Nous étions confrontés à un problème de capacité sur notre pôle breton. Nos entrepôts étaient pleins. Ce nouvel entrepôt va nous permettre d’abriter notre client historique L’Oréal et d’assurer la logistique e-commerce de ses 24 marques dans 13 pays européens", explique le directeur général de Dimotrans, Laurent Parat.
Montée en charge attendue
La filiale logistique du groupe de transport multimodal rhodanien, a en effet déménagé de Bruz, près de Rennes, où elle ne disposait que de 6 000 m². "Le site était vieillissant et ne pouvait plus répondre ni à la croissance de L’Oréal, ni à celle de nos autres clients, ni à nos ambitions de développement pour Dimolog", précise le directeur général du groupe.
La filiale s’est donc engagée pour un bail de minimum six ans avec la foncière immobilière Argan, qui a développé ce bâtiment de dernière génération, dont près de la moitié de la superficie (soit 9 000 m²) est déjà occupée par L’Oréal. "Nous recevons chaque jour 7 000 commandes qui proviennent de 130 sites internet. Cela représente actuellement 1 million de commandes par an", détaille Laurent Parat. Dès 2026, ce volume devrait atteindre 1,7 million à 2 millions par an, grâce à ce nouvel outil industriel, qui est plus qu’un lieu de stockage.
"L’arrière-boutique" de L’Oréal
Cette "arrière-boutique" de L’Oréal est dotée d’un savant mélange de solutions industrielles innovantes (comme des robots de pose et dépose de produits vers les opérateurs de commandes) et d’interventions humaines indispensables. Elle emploie ainsi 100 collaborateurs. "Nous devrions doubler d’ici à l’année prochaine", estime le directeur général.
Le site, qui livre déjà douze pays européens, dont la France, l’Allemagne ou encore l’Italie, va intégrer un nouveau marché au premier trimestre 2026. "Nous récupérons le flux du Royaume-Uni, qui est le marché le plus mature d’Europe en matière d’e-commerce. Il va augmenter à lui seul nos commandes de + 60 %", annonce Laurent Parat. Bain-de-Bretagne va donc devenir dans les prochains mois la seule plateforme de distribution e-commerce de L’Oréal pour l’Europe.
Un tremplin pour Dimolog
"Cet entrepôt est aussi un véritable tremplin pour Dimolog. La notoriété de L’Oréal, couplée à notre expertise et à son implantation va nous permettre d’attirer de nouveaux clients. Au travers de L’Oréal, nous prouvons que nous siommes capables de desservir, au départ de la Bretagne, toute l’Europe en 48 à 72 heures, affirme Laurent Parat, qui ambitionne de doubler le chiffre d’affaires de Dimolog (17 entrepôts ; 110 M€ en 2024, NDLR) grâce à cet entrepôt".
Dimolog, qui a investi "plusieurs millions d’euros en technologies, en robots, convoyeurs et informatique" dans cet entrepôt, entend conquérir de nouveaux clients pour remplir le reste de sa superficie disponible. Il s’adresse déjà à d’autres grands noms de la cosmétique, du textile ou encore du sport, qui, eux aussi, "connaissent des croissances à deux chiffres", souligne le directeur.
Un nouveau client en Normandie et un nouvel entrepôt en Isère
Pour booster la croissance de sa filiale logistique, Dimotrans pourra aussi compter sur d’autres entrepôts et clients. "Nous avons acquis en mars 2025 un entrepôt dernière génération de 24 000 m² à Strasbourg. Nous venons aussi de démarrer un nouveau client, pour l’heure confidentiel, dans la puériculture, dans notre entrepôt de Val-de-Reuil en Normandie. Enfin, nous avons une ouverture prévue au premier trimestre 2026 d’un nouvel entrepôt de plus de 10 000 m² en Auvergne-Rhône-Alpes à Saint-Quentin-Fallavier (Isère) pour un prospect qui n’est pas encore actif chez nous", dévoile en vrac Laurent Parat.
Développer le cross-selling
Si Dimotrans nourrit donc de grandes ambitions dans la logistique, le groupe Rhodanien s’attelle aussi à développer ses autres métiers : l’Overland (le transport routier international), l’Overseas (le transport aérien, maritime et en douane) et le petit dernier, les Projets industriels/hors gabarit (filiale DT Project) qui consiste à transporter et livrer à travers le monde des masses indivisibles de plus de 100 tonnes comme des parties de réacteur nucléaire.
"Nos quatre métiers avancent chacun à leur rythme. L’Overseas pèse aujourd’hui 340 millions d’euros, l’Overland 160 millions et les projets industriels environ 53 millions. Tous nos métiers sont profitables et se développent. On a encore des gisements de business et on développe de plus en plus le cross-selling (vente-croisée, NDLR) en essayant, par exemple, de trouver des solutions pour apporter de la valeur sur la logistique à un client qui travaille avec nous en Overseas", développe le directeur général de Dimotrans.
Une grosse acquisition à l’international début 2026
Pour accélérer son développement, le groupe fondé et présidé par Salvatore Alaimo mise également sur la croissance externe. Après l’acquisition en mars 2025 de la société du Bas-Rhin All Solutions (55 salariés ; 50,3 M€ de CA), spécialisée dans l’affrètement national routier de lots complets et partiels, Dimotrans espère finaliser d’ici début 2026 une nouvelle opération de croissance externe.
"Nous sommes sur une très grosse acquisition hors de France qui changera le périmètre du groupe. On parle d’une société qui réalise plusieurs centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires avec les mêmes services et la même culture du client roi que nous. Si on parvient à la finaliser, il s’agira de la plus grosse acquisition jamais réalisée par Dimotrans", assure Laurent Parat.
Cette future acquisition devrait permettre au groupe rhodanien de se renforcer "sur trois de (ses) quatre branches d’activité" et de "créer un petit Dimotrans hors de France". Le spécialiste lyonnais des solutions de transport multimodal et de la logistique contractuelle, qui bouclera l’exercice 2025 au-dessus des 700 millions d’euros, devrait donc rapidement être en mesure de franchir le milliard d’euros de chiffre d’affaires.