«Le tissu local ne profite pas des grands chantiers» selon Bruno Garabos, le président de la FFB Gironde

«Le tissu local ne profite pas des grands chantiers» selon Bruno Garabos, le président de la FFB Gironde

Pour Bruno Garabos, président de la FFB Gironde, les TPE et PME locales profitent peu des grands chantiers en cours à Bordeaux. «Pour ces dernières, la situation est compliquée, et particulièrement pour celles situées en zones rurales». > Notre hors-série sur l'attractivité des métropoles est en kiosque

Le nombre de créations d’entreprises progresse à Bordeaux, alors qu’il est partout en baisse. Comment l’expliquez-vous?
De plus en plus de PME avec quinze à 50 salariés déposent le bilan, et les salariés se mettent à leur compte. Certes, il y a des créations d’entreprises. Mais c’est le fruit d’une mauvaise conjoncture. Quand une PME ferme, avec ses 50 salariés, deux ou trois se créent, avec trois, quatre ou cinq salariés. Le solde en nombre d’employés est largement négatif. Par ailleurs, je salue le travail de la Direccte, qui contrôle de façon de plus en plus stricte les entreprises étrangères. Elles décident donc de se mettre à jour, et de s’enregistrer auprès de l’administration.

Bordeaux compte un nombre impressionnant de grands chantiers. Comment pouvez-vous qualifier la conjoncture de mauvaise?
Le tissu local ne profite pas des grands chantiers. Regardez bien les panneaux: vous verrez surtout des promoteurs, et très peu de TPE et PME locales. Pour ces dernières, la situation est compliquée, et particulièrement pour celles situées en zones rurales. Ce qui m’intéresse, c’est la visibilité dont disposent les entreprises du bâtiment. C’est 2 mois en ce moment, alors qu’il faudrait 6 mois. La conséquence est connue: c’est la guerre des prix.

Peut-on survivre à cette guerre des prix sans faire appel à de la main-d’œuvre étrangère?
Un jeu dangereux s’est mis en place, que regrette la FFB. Certains, pour récupérer des marchés, s’alignent sur les pratiques de leurs concurrents en faisant appel à de la main-d’œuvre étrangère. On entend désormais le discours: " la main-d’œuvre espagnole ou la mort ". Même ceux qui refusaient de céder à cette pratique, finissent par s’y résoudre. La FFB préfère inciter au prêt de main-d’œuvre entre collègues.

Bordeaux est perçue comme un eldorado pour nombre d’entreprises françaises de construction qui souffrent encore plus sur leur marché local. Avez-vous ressenti l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché?
Bordeaux attire les grands cabinets d’architectes qui n’ont pas de boulot ailleurs. Le problème est que la plupart du temps ils travaillent avec le maître d’œuvre de leur ville d’origine. Ils profitent de l’expérience acquise avec un partenaire depuis plusieurs années pour capitaliser dessus. Les PME girondines sont ainsi évincées de certains chantiers.

Existe-t-il un secteur d’activité qui s’en sort mieux que les autres?
L’Union des Constructeurs Immobiliers explique que les commandes de maisons neuves sont en hausse. Et plusieurs indicateurs laissent penser que les investisseurs sont de retour. Cela devrait se traduire par des mises en chantier en 2016. Mais des marchés importants comme les châteaux viticoles et la rénovation sont au ralenti. Les chantiers dans le vignoble ne sont plus légions, même si cette activité peut repartir rapidement. En ce qui concerne les travaux de rénovation énergétique, les particuliers font attention à leurs dépenses, repoussent leurs chantiers, et font appel à des auto-entrepreneurs. Enfin, le logement social se maintient, grâce à une forte demande et des acteurs locaux solides.