"Ras le vol", c’est le nom de la convention de partenariat signée le 16 décembre dernier entre le préfet de Nouvelle-Aquitaine, le président de la fédération du bâtiment en Gironde Thierry Leblanc et les dirigeants départementaux de la police et la gendarmerie. Objectif : lutter plus efficacement contre les vols et actes délictueux commis sur les chantiers. Comment ? En sensibilisant activement les entreprises et les encourageant à déposer plainte, en favorisant des collaborations rapprochées et un suivi des procédures engagées.
En 2023, le coût des vols de matériels et matières premières dans le département est estimé à plus de 700 000 euros, "chiffre non exhaustif", précisent les instances signataires, et alors même que les vols dits "simples" sur les chantiers étaient en baisse de 13 % par rapport à 2022, selon la direction interdépartementale de la police nationale.
Recrudescence en 2024 en zone urbaine
En 2024, la facture pourrait être plus douloureuse puisque, si les vols baissent en zone rurale depuis le début de l'année, ils augmentent ainsi que les actes de malveillance (dégradations, incendies, blocages…) sur les chantiers de bâtiment et des travaux publics en zone urbaine (+ 21 % de vols par effraction). Les acteurs l’expliquent en partie par le contexte de crise des matières premières aggravé par le confit en Ukraine. "Ce phénomène, en dépit des actions déjà menées, constitue un obstacle à l’effort de construction indispensable aux besoins de logements sur le territoire et fragilise encore un peu plus des entreprises bousculées par la crise du bâtiment", déplorent les acteurs.
"Le vol sur les chantiers est devenu un sujet majeur, au-delà de l’injustice que cela représente pour les entreprises du bâtiment, par le coût engendré", estime pour sa part Thierry Leblanc.
Des actions concrètes pour sécuriser les chantiers
Dès janvier, les entreprises seront informées du dispositif et invitées à former leur personnel à la sécurisation des chantiers (éclairage avec détecteur de mouvement, pièges photographiques, barrières ajourées) et recourir si nécessaire à des services de sécurité privés. Elles seront aussi incitées à marquer systématiquement leurs matériels et géolocaliser les engins de chantier. Au sein de la police et de la gendarmerie, des référents seront formés aux problématiques spécifiques liées aux vols sur les chantiers. Des webinaires et des visites de chantiers seront organisés.