On est jamais mieux servi que par soi-même. Cet adage pourrait bien devenir celui de la jeune entreprise nantaise Weez-u Welding. Cette dernière commercialise un bras robotique et articulé, destiné à simplifier le travail des opérateurs soudeurs. Elle propose aujourd’hui un premier bras robotique, provenant de Fanuc, un fabricant japonais de robots industriels (8200 employés, 4,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires). "Nous y ajoutons notre télécommande afin de gérer la manipulation du bras à distance", précise Benoît Tavernier, qui a travaillé dix ans aux Chantiers de l’Atlantique, avant de fonder l’entreprise avec Yves Guillermit en 2020. Mais Weez-u Welding, qui compte aujourd’hui 12 salariés pour un chiffre d’affaires d’un million d’euros, a aussi développé en interne son propre bras robotique. Celui-ci sera disponible en version industrielle d’ici la fin de l’année.
La cobotique, alternative entre l’activité manuelle et l’automate
Dans le secteur de la soudure, l’œil humain s’avère parfois irremplaçable. "La soudure entièrement robotisée est envisageable pour des opérations parfaitement répétables, comme par exemple l’assemblage de voitures en série. Mais beaucoup d’industriels ont des conditions de répétabilité qui ne sont pas au rendez-vous. Dans ce cas, même avec le meilleur algorithme du monde, une soudure robotisée n’est pas possible", livre Benoît Tavernier.
Weez-u Welding mise ainsi sur la cobotique, soit l’approche collaborative entre le robot et l’humain, et où le robot joue ce rôle d’assistant. "La soudure entièrement manuelle nécessite une grande concentration. À l’aide d’un bras robotique, la productivité d’un soudeur peut ainsi augmenter de 50 %, précise Benoît Tavernier. C’est aussi un gage de qualité et de sécurité, à l’heure où le métier de soudeur peine à recruter". De plus, la gestuelle assistée de ces bras offre de meilleures conditions de travail.
Un bras déplaçable comme une caisse à outils
Le modèle mis au point par Weez-U veut se distinguer en étant plus maniable que ceux actuellement sur le marché. "L’idée est de pouvoir le déplacer comme une caisse à outils, pour l’emmener dans des zones plus reculées des chantiers, comme les cales de navires", ajoute Benoît Tavernier.
L’entreprise, qui travaille actuellement sur sa quatrième levée de fonds tout en restant discret sur les montants, mise sur ce nouveau produit pour prendre une autre dimension. Et si Weez-U proposera toujours le modèle actuel de Fanuc à ses clients, c’est bien ce nouveau produit qui sera son principal relais de croissance. "Le marché qui s’ouvre à nous est mondial, appuie le dirigeant. Et nous sommes d’ailleurs en train de lancer nos premières initiatives à l’export".