Le Medef estime que le Premier ministre, dans son discours prononcé ce mardi 1er octobre à l’Assemblée nationale, "a pris la mesure de l’urgence et des menaces qui pèsent sur la France, son économie et ses entreprises", "en faisant de la réduction de la dette et des déficits la priorité de l’action du gouvernement". Le syndicat patronal juge "réaliste" l’objectif de ramener dans un premier temps le déficit public à 5 % du PIB en 2025, après plus de 6 % cette année. "Rien ne serait pire qu’un accident de crédit nous forçant à des ajustements brutaux et dévastateurs", a-t-il ajouté.
Dépense publique : le Medef veut des "décisions fortes"
Pour cela, le mouvement présidé par Patrick Martin demande au nouveau gouvernement "de prendre des décisions fortes sur le niveau et l’efficacité de la dépense publique".
Le Medef émet d’ailleurs des propositions devant permettre d’économiser 30 milliards d’euros. Il prône un renforcement de la lutte contre la fraude sociale, que le Haut conseil au financement de la protection sociale évalue à 13 milliards d’euros par an. Il défend aussi des "fusions, mutualisations et externalisations" des 438 agences publiques françaises, la transformation numérique des administrations et à la reprise immédiate des chantiers sur la simplification administrative entamés par les précédents gouvernements et interrompus après la dissolution de l’assemblée nationale.
Un préalable à la hausse de la fiscalité
"Sans ce préalable de réduction de la dépense publique, toute contribution supplémentaire des entreprises, nécessairement exceptionnelle et mesurée, serait incompréhensible", a assuré le syndicat patronal. Ces derniers jours, son président a ouvert la porte à des hausses, sous conditions, de la fiscalité des entreprises. Le Premier ministre a déclaré qu'"un effort ciblé, limité dans le temps" sera demandé aux plus grandes entreprises ayant réalisé d’importants profits.
Emploi des seniors et réforme des retraites
Par ailleurs, le Medef se réjouit que Michel Barnier encourage les partenaires sociaux à reprendre la négociation sur l’emploi des seniors. Le Medef se dit également prêt à discuter avec les autres partenaires sociaux d’aménagements à la réforme des retraites "dès lors qu’ils ne remettent pas en cause l’équilibre du régime".