Dans un contexte national marqué par de fortes contraintes sur les finances publiques, la Région Pays de la Loire a présenté, le 18 décembre 2025, son budget primitif 2026. D’un montant de 1 945,22 millions d’euros, il est comparable, en termes de montant, à celui de l’année 2025. Ce budget est qualifié par l’exécutif régional de "budget responsable et exigeant", visant à concilier maîtrise des dépenses de fonctionnement et préservation d’un haut niveau d’investissement, fixé à 510,17 millions d’euros.
Dans les grandes lignes, la Région indique "maintenir le cap de ses économies de fonctionnement (-15,6 M€)", afin de "préserver sa capacité à investir" et de réaffirmer ses priorités : "la jeunesse, le développement des entreprises et les transitions". Ce budget est présenté comme plaçant "la sobriété et l’efficience au cœur des politiques publiques".
Une trajectoire d’économies engagée dès 2025
Le budget 2026 s’inscrit dans la continuité d’une rigueur budgétaire engagée dès l’exercice précédent. En 2025, une coupe de 82 millions d’euros avait en effet été opérée sur les dépenses de fonctionnement, dans le cadre du plan d’économies de 100 millions d’euros annoncé par la présidente de la région, Christelle Morançais.
Ces réductions avaient concerné plusieurs postes, notamment : les dépenses de communication, certaines dépenses de ressources humaines, ainsi que des réajustements sur des politiques dites non obligatoires, parmi lesquelles la culture, le sport et une partie des aides à la vie associative, décisions qui avaient suscité de très vives réactions dans ces secteurs.
Pour 2026, la Région annonce une nouvelle baisse de 15,6 millions d’euros des dépenses de fonctionnement par rapport à 2025, malgré l’inflation, incluant notamment "une baisse des dépenses de communication (-8 %) et RH".
Des équilibres financiers revendiqués comme solides
Malgré les "nouvelles baisses de recettes de l’État", la Région affirme maintenir ses équilibres financiers grâce à une "gestion rigoureuse". Elle met en avant : une épargne brute renforcée, à 272,32 millions d’euros, contre 223,87 millions d’euros au budget 2025 ; une capacité de désendettement contenue à 9,4 années, qui "atteindrait 12,8 années sans le plan d’économies", note la Région.
La qualité de cette gestion est, selon la Région, confirmée par l’agence S & P Global Ratings, qui a attribué à la collectivité la note A +, présentée comme "la note maximale possible en tant que collectivité".
Pas de recours au levier fiscal
Comme les années précédentes, l’exécutif régional réaffirme son choix de ne pas augmenter la fiscalité. "Contrairement à la majorité des autres Régions qui ont augmenté le tarif des cartes grises ou créé le Versement mobilité", la Région des Pays de la Loire "refuse de recourir au levier fiscal", avec pour objectif affiché de "préserver le pouvoir d’achat des Ligériens et la compétitivité des entreprises".
Jeunesse, entreprises et transitions au cœur du budget
Parmi les priorités mises en avant pour 2026 figure la jeunesse, avec un investissement renforcé dans les lycées publics. La Région consacre 122,5 millions d’euros à sa stratégie d’investissement dans les lycées, en hausse par rapport à 2025, et annonce notamment l’ouverture du nouveau lycée de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Loire-Atlantique). La dotation aux 117 lycées publics (41 M€) est maintenue, tout comme le programme "un ordi au lycée" (19,5 M€).
Pour l’emploi et les entreprises, la formation professionnelle est maintenue "à son maximum", avec 18 500 places prévues en 2026. Le dispositif " 1 emploi = 1 formation " affiche un taux d’insertion de 73 %. Les formations sanitaires et sociales sont dotées de 60,2 millions d’euros, et la Région annonce le lancement d’un Accélérateur IA pour accompagner la compétitivité des entreprises.
Enfin, en matière de transitions et de mobilités, 115,5 millions d’euros sont prévus pour les transports, en hausse par rapport à 2025, notamment pour la rénovation des rames TER, le développement des pôles d’échanges et une nouvelle plateforme numérique de mobilité. La Région confirme également la poursuite de l’ouverture du réseau TER à la concurrence et consacre 1,6 million d’euros à la reconquête de la ressource en eau.