Par’Temps connaît une mauvaise passe. Le groupement d’employeurs a demandé son placement en redressement judiciaire. Le tribunal des affaires économiques du Mans a ouvert une procédure après la cessation de paiements actée au 31 décembre 2025. L’association sarthoise subit la conjoncture et, comme le secteur de l’intérim, est moins sollicitée par les entreprises dont l’activité a ralenti. "Nous croyons fermement pouvoir rétablir la situation car nous n’avons pas de dettes", commente la direction.
Encore une cinquantaine de salariés à disposition des entreprises
Début 2025, Par’Temps employait 65 salariés avant que leur nombre ne tombe à 45 en quelques mois. Un regain de demandes a permis de remonter à 51 salariés actuellement mis à disposition à temps plein pour une ou plusieurs sociétés à la fois. Néanmoins, le temps de mission par employé facturé aux entreprises s’est en moyenne réduit. Ce qui a entraîné une hausse du taux de charges.
Des projets mis en suspens
L’association avait par ailleurs investi pour développer Parcours’Temps. Derrière cette structure indépendante, un dispositif vise à faciliter la reconversion professionnelle de personnes par une montée en compétences au sein d’entreprises. Mais faute de financements de l’État, "nous allons mettre ce programme entre parenthèses pour nous focaliser sur les fondamentaux : la mise à disposition de salariés", indique Annie Rouillard, directrice par intérim.
Des changements de direction
Quatre personnes travaillent toujours aux fonctions support. Mais le cinquième poste, à la direction, est actuellement vacant. En octobre 2025, et après 14 ans de service, Audrey Angibert a quitté son poste et avait été remplacée par Valérie Pelhate. Cette dernière n’a pas donné suite à sa période d’essai, fin décembre.
"Recourir à nos services coûte moins cher aux entreprises que de recourir à l’intérim, surtout pour du temps partiel"
Durant la période de procédure collective, la direction est donc assurée par Annie Rouillard : cette prescriptrice indépendante, qui accompagne opérateurs et collectivités dans les aménagements fonciers, siège au conseil d’administration de Par’Temps, composé de chefs d’entreprise bénévoles.
Une sécurité pour l’employeur et l’employé
Les administrateurs restent persuadés que "le modèle est viable". "Recourir à nos services coûte moins cher aux entreprises que de recourir à l’intérim, surtout pour du temps partiel. Notre apport leur permet également de se dédouaner de la gestion administrative et RH", met en avant Annie Rouillard.
Et comme cela a été pratiqué lors du Covid, appuie la directrice de circonstance, "un employeur qui connaît une baisse d’activité a l’opportunité avec Par’Temps de mettre à disposition d’autres sociétés ses salariés". "Il peut ainsi conserver leurs compétences en interne et préserver l’emploi, sans risquer de se mettre financièrement en danger. Et l’employé conserve ainsi un salaire à plein temps", argumente encore Annie Rouillard.
Deux départements d’intervention
L’organisation compte 120 entreprises adhérentes, des TPE et PME pour la plupart. Le groupement d’employeurs intervient principalement en Sarthe. Ainsi qu’en Vendée depuis 2018. La dynamique économique y est sensiblement la même qu’un peu partout en France. Néanmoins, l’important maillage des entreprises vendéennes permet d’y limiter plus facilement la baisse d’activité. L’antenne vendéenne n’est pas remise en cause.
Le bâtiment n’est plus majoritaire
Créée en 2000 à l’initiative de la chambre des Métiers et de l’Artisanat, Par’Temps avait d’emblée vocation à trouver des salariés disponibles pour des entreprises du bâtiment, dans un marché en tension. L’activité s'est par la suite étoffée. Ces dernières années, le tertiaire a progressivement pris le pas sur les métiers de production. "Nous souhaiterions rééquilibrer ces deux types d’activité à 50-50. Car lorsqu’il y a des besoins de main-d’œuvre dans le bâtiment, ce sont tout de suite des missions à temps plein", explique Annie Rouillard.
Le groupement a également des demandes plus nombreuses dans des métiers plus qualifiés, de Daf ou DRH par exemple. "Des cadres qui avaient tenté de se lancer comme coach en reviennent. Pour les petites et moyennes entreprises, ce sont les postes dont les salaires sont souvent les plus importants, mais dont l’activité ne nécessite pas de les avoir à temps plein", complète la responsable.
Un frémissement de reprise en 2026
L’association a repris quelques couleurs ces dernières semaines. "Nous enregistrons davantage de demandes entrantes ce mois-ci (janvier 2025). On sent un frémissement dans le TP, chez les plombiers, les maçons, etc. rapporte Annie Rouillard. Néanmoins, on sait que 2026 va être une année compliquée pour tout le monde." Le ralentissement économique et l'attentisme lié au flou budgétaire et politique pourraient en effet se ressentir jusqu'aux élections présidentielles, selon dirigeants, fédérations et organisations professionnelles.