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Le groupe Onoré fait recette dans le surgelé premium
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Le groupe Onoré fait recette dans le surgelé premium

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Le fabricant toulousain de pâtisseries glacées et de produits de traiteur surgelés Onoré, construit autour de la société historique Boncolac et du rachat de plusieurs entreprises, vient de doubler de taille. Depuis un an, l’ETI s’est consacrée à l’optimisation de son organisation interne pour mieux repartir à la conquête de marchés sur lesquels elle est devenue un leader européen.

Le groupe Onoré est devenu le leader européen dans la production de pâtisseries surgelées et de traiteur snacking premium — Photo : Onoré

Propulsé par le succès de quatre opérations de croissance externe depuis 2022, le groupe toulousain Onoré (1 000 collaborateurs, CA prévisionnel 2025 : 220 M€) vient de doubler de taille en deux ans, autour de son vaisseau amiral, la société Boncolac, fondée en 1955 à Bonloc (Pyrénées-Atlantiques) et qui pèse environ la moitié de son chiffre d’affaires.

Désormais leader européen dans la production de pâtisseries surgelées et de traiteur snacking premium, Onoré ambitionne de poursuivre son ascension. « D’ici 5 ans, notre objectif est d’atteindre un chiffre d’affaires de 320 millions d’euros en croissance organique », fixe le PDG du groupe Alexandre Vigneron, qui confie aussi des « discussions en cours » susceptibles de déboucher sur l’acquisition d’une nouvelle société dans les tout prochains mois.

L’appétit d’Onoré coïncide avec l’arrivée aux manettes de Waterland Private Equity (lire par ailleurs), en septembre 2022, qui détient environ les deux tiers du capital. Ce gestionnaire de fonds d’investissement néerlandais adopte une stratégie d’investissement axée sur le « buy and build » (acheter et construire), en se concentrant sur le soutien d’entreprises performantes sur des marchés fragmentés et en croissance. Cette approche implique un partenariat avec les équipes de direction afin d’accélérer la croissance par le biais d’un développement organique et d’acquisitions ciblées.

« Avec Waterland, nous nous étions fixé une feuille de route ambitieuse et nous sommes allés encore plus vite », sourit Alexandre Vigneron, ancien secrétaire général du groupe familial breton Roullier, spécialiste de la nutrition végétale et animale. « Au départ, Waterland nous a beaucoup aidés dans l’identification des cibles, à partir d’un travail très méthodique selon un système d’entonnoir, poursuit le dirigeant. Au fur et à mesure, nous avons internationalisé ces compétences puisqu’un directeur du M & A nous a rejoints il y a plus d’un an. »

Les spécialités culinaires comme fil conducteur

Fil conducteur du projet : les spécialités culinaires, « c’est-à-dire des produits à l’identité forte, rattachés à une culture, à un territoire voire à un terroir (AOP, IGP), et qui sont des points d’ancrage dans la gastronomie locale », explique le dirigeant. Onoré décline ensuite ces spécialités culinaires en deux catégories de produits : la pâtisserie et le traiteur snacking. « Nous rachetons donc des sociétés pour créer un ensemble cohérent en termes d’offres de produits et pour générer des synergies industrielles, commerciales, logistiques et d’achats de matières premières. »

Mag’M (120 salariés, CA 2022 : 15 M€), spécialiste du macaron premium basé à Geneston (Loire-Atlantique) et acquis en 2022, a été la première cible et a ouvert la voie. Il a été suivi un an plus tard par Proper Cornish (200 salariés), une société britannique établie à Bodmin et spécialisée dans le snacking salé avec son produit phare IGP, le Pasty des Cornouailles (feuilleté à la viande), et un savoir-faire autour des pâtes feuilletées (façon sausage roll).

En janvier 2024, c’est la « bakery » artisanale anglaise Cakesmiths (200 salariés), basée à Bristol, qui a intégré le groupe. Ses gâteaux premium d’identité anglo-saxonne (carrot cake, brownie…) sont produits principalement à destination des coffee shops. » Les deux tiers de l’activité se font en ligne, souligne Alexandre Vigneron. Le coffee shop passe commande sur le site internet et, s’il le fait avant midi, il est livré le lendemain matin. Nous livrons ainsi 5 000 points de vente en Angleterre. » C’est d’ailleurs en Angleterre que le groupe enregistre actuellement la plus forte croissance de son activité. Dernière acquisition en date : So Mochi, une société basée à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), rachetée en juin 2024, autour du mochi japonais, une pâtisserie traditionnelle à base de riz avec de la glace à l’intérieur.

Système d’information autonome

« Depuis un an, nous nous sommes posés », souffle le dirigeant. « Le premier objectif étant de travailler les synergies entre les différentes sociétés du groupe, nous avons fait évoluer l’organisation en trois business units, France (CA : 120 M€), Angleterre (CA : 80 M€) et Export (CA : 20 M€), puis nous avons travaillé à des processus et des outils communs, ajoute-t-il. Résultat : notre portefeuille de cross selling (ventes croisées) est passé de 2 millions d’euros l’année dernière à 5 millions d’euros cette année et nous avons 10 millions d’euros de chiffre d’affaires de pipeline en discussion avec des clients. »

Onoré a également mis ce break à profit pour rendre son système d’information complètement autonome. Depuis le 1er juin 2025, le groupe est en effet sorti du TSA (transitional services agreement) conclu avec Sodiaal (l’ex détenteur de Boncolac, lire par ailleurs), un accord de service transitoire qui lui permettait de bénéficier du service après-vente de la coopérative laitière chez qui son ERP était jusqu’alors hébergé.

6 millions d’euros annuels investis dans ses usines

Onoré vend 23 000 tonnes de produits chaque année, issus des 7 usines qu’il possède en Europe. Il réalise près de 70 % de son chiffre d’affaires dans la restauration hors foyer (RHF). « C’est un marché dynamique avec des petits acteurs entrants, capables de davantage challenger l’existant que celui de la GMS (grandes et moyennes surfaces), plus établi et plus concentré, indique Alexandre Vigneron. Nous avons aussi des lignes de production assez flexibles qui nous permettent de capter plus de valeurs en RHF. » Le groupe Onoré opère aussi en GMS à la fois dans les rayons surgelés (il produit des tartes pour les marques de distributeurs) et en BVP (boulangerie, viennoiserie, pâtisserie), où ses produits, une fois livrés, sont mis en rayon frais après avoir été décongelés. Il fournit aussi les spécialistes du froid comme Picard et Thiriet.

Le groupe, qui aura créé une cinquantaine de postes en 2025, mobilise environ 6 millions d’euros chaque année pour la maintenance et le développement de ses usines. Depuis trois ans, il fait également monter en puissance sa politique RSE autour de quatre piliers : ses collaborateurs (sécurité et santé au travail, développement des compétences et gestion des carrières, qualité de vie au travail), ses produits (charte responsable des achats), son environnement (décarbonation, emballages, utilisation des énergies, des fluides et de l’eau), et son ancrage territorial (partenariats locaux avec des écoles et des associations).

Toulouse # Agroalimentaire # ETI # Commercial # Production # Investissement industriel # RSE # International
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