Le producteur de plats cuisinés surgelés Celtigel (250 salariés, 68 M€ de CA sur son dernier exercice, clôturé en mars 2025) s’est lancé dans une série d’investissements dans son outil de production, pour un coût total de 7,5 millions d’euros.
"Ces investissements ont plusieurs objectifs : améliorer les conditions de travail des salariés, supprimer les postes pénibles, optimiser la communication dans les ateliers et le pilotage des lignes de production", explique Rachel Le Pévedic, directrice générale déléguée de l’entreprise installée à Plélo (Côtes-d’Armor), qui fait partie du Groupe Le Graët (800 collaborateurs, 250 M€ de CA).
L’usine fermera pendant cinq semaines
Les deux phases les plus importantes donneront lieu à la fermeture de l’usine, d’où sortent 23 millions de produits par an, du 10 juillet au 16 août 2026. Pour ne pas risquer la rupture d’approvisionnement, l’entreprise va mettre les bouchées doubles en amont et faire appel à l’intérim. Objectif : avoir un mois de stock en plus le 15 juillet 2026.
La première phase d’investissement consistera en l’installation d’une grande plateforme qui fera circuler les plats cuisinés, après surgélation, vers six lignes de conditionnement spécialisées suivant le format d’emballage et les produits (coquilles St-Jacques de la Baie de St-Brieuc, lasagnes, hachis parmentier…). Cette réorganisation complète de l’espace nécessitera de le vider entièrement avant l’installation de la plateforme et des nouvelles lignes, qui reprendront en partie les équipements actuels.
Accompagner la montée en puissance des plats individuels
L’une d’elles sera dédiée aux produits cuisinés individuels (PCI), dont la consommation ne cesse de croître. "Dans les familles, il y a de moins en moins de repas en commun et même dans ce cas, on privilégie des plats différents pour chacun", note Valérie Le Graët, directrice générale du groupe éponyme.
Cette réorganisation comprendra également l’installation d’un robot de manutention qui mettra les sachets dans les cartons, tâche pénible réalisée jusqu’à présent par des salariés.
"Cette phase d’investissement n’a pas pour vocation d’augmenter les volumes mais de faire différemment pour diminuer l’accidentologie, améliorer les conduites de ligne et le confort des salariés, ce qui entraînera des gains de productivité", anticipe Rachel Le Pévedic. L’opération, qui nécessitera un investissement de 4 millions d’euros, sera pilotée par le cabinet costarmoricain Builtis, maître d’ouvrage, et le finistérien AB Process Ingénierie, qui en a réalisé les plans.
Un nouveau bâtiment de stockage en construction
Dans le même temps et le même bâtiment, cette fois en amont de l’étape de surgélation, les quatre lignes de dosage vont être réaménagées pour permettre la création d’une ligne spécifique aux PCI. Cette partie de l’opération nécessitera un effort financier d’un million d’euros.
Enfin, Celtigel fait construire un nouveau bâtiment de 2 065 m² sur son terrain, destiné à l’entreposage des emballages et du vrac sec (pâtes, riz…). Il comportera cinq niveaux de palettes et devrait être mis en service en juillet 2026. L’investissement s’élève ici à 2,5 millions d’euros.
26 recrutements en 2025
Celtigel, qui a réalisé 26 recrutements nets en 2025, produit 95 % de ses produits pour les marques de distributeurs de l’ensemble des enseignes de la GMS et de spécialistes du surgelé comme Picard. Sa marque propre, Celtigel, sert surtout de laboratoire pour tester de nouvelles recettes sur le marché, notamment des recettes moins carbonées. Le service R & D compte six personnes et travaille sur demande ou en proposant de nouveaux produits. "Cela nous donne une longueur d’avance pour les appels d’offres", confie Valérie Le Graët.