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Le Groupe Michel vise le million de tonnes d’aliments commercialisés chaque année pour 2027
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Le Groupe Michel vise le million de tonnes d’aliments commercialisés chaque année pour 2027

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Le Groupe Michel Nutrition Animale, basé à Rennes, dispose de cinq sites de production d’aliments en Bretagne et Pays de la Loire, totalisant une production de 880 000 tonnes par an. Avec en ligne de mire ses 80 ans, en 2027, le groupe familial investit pour atteindre le million de tonnes. Il poursuit également son engagement dans l’accompagnement des éleveurs par le développement de l’intelligence artificielle notamment.

Le groupe Michel est dirigé par les trois fils de Jean-Yves Michel (2e en partant de la gauche) : Matthias (PDG), Ludovic et Joachim, de gauche à droite — Photo : Groupe Michel

Le Groupe Michel Nutrition Animale s’est fixé un cap symbolique pour ses 80 ans : atteindre le million de tonnes d’aliments commercialisés par an. Pour atteindre cet objectif, fixé à 2027, le groupe familial bretillien a engagé un plan d’investissements important dans plusieurs de ses 5 sites de production situés en Bretagne et Loire-Atlantique (Saint-Germain-en Coglès, Yffiniac, Ancenis, Legé et Loudéac). "Il s’agit de plusieurs millions d’euros", indique Matthias Michel, PDG du groupe qu’il pilote avec ses frères Joachim et Ludovic, sans préciser exactement le montant.

Une tour de fabrication supplémentaire à Yffiniac

"Nous commercialisons actuellement 880 000 tonnes d’aliments par an, dont 200 000 sont fabriqués par notre site Coréal basé à Yffiniac (Côtes-d’Armor), poursuit-il. Ce site, acquis en 2022, sera en capacité de produire 100 000 tonnes de plus dans les deux ans qui viennent." Coréal va faire construire pour cela une nouvelle tour de fabrication d’aliments pour filières d’élevage.

En parallèle, le site historique du groupe, les Établissements Michel à Saint-Germain-en-Coglès, sera capable de produire, également à l’horizon 2027, 30 000 tonnes supplémentaires. L’investissement va permettre d’ajouter notamment des silos de stockage de matières premières à la nouvelle tour construite il y a quatre ans, et ainsi porter à 400 000 tonnes, la capacité de fabrication du site historique de l'entreprise. "Cela nous évitera de travailler à flux tendu", explique Matthias Michel.

Enfin, à Ancenis (Loire-Atlantique), les Établissements Braud vont connaître un investissement industriel destiné à augmenter la capacité de production. Pour l’instant, le projet est encore à l’étude.

Avec ces investissements, le Groupe Michel va donc augmenter de 130 000 tonnes sa production. S’il a commercialisé en 2024-2025 très précisément 878 987 tonnes d’aliments (soit + 5,4 % en un an), il n’en fabrique toutefois "que" 650 000 tonnes en interne, les 20 % restants étant sous-traités. "Nous ne prévoyons pas de réinternaliser cette partie, car ce fonctionnement nous donne beaucoup de souplesse", justifie Matthias Michel.

Doublement en moins de vingt ans

C’est en partie grâce à cette gestion optimisée que le groupe a grandi ces dernières années. En 2009, lorsque les trois frères prennent la suite de leur père Jean-Yves Michel (fils du fondateur), le groupe totalise 500 000 tonnes d’aliments commercialisés par an. En moins de vingt ans, elle aura donc doublé. La troisième génération a en effet ouvert ses portes vers l’international, faisant grandir l’entreprise française dans un contexte marqué par une forme de décroissance de la production animale sur son propre territoire. Sa filiale Nutrifuture à Loudéac participe par exemple à cette ambition internationale, avec sa gamme de compléments nutritionnels (lire par ailleurs).

"Au global, nous avons surperformé avec + 3,5 % en moyenne annuelle depuis quinze ans, contre -1 % pour le marché".

Le groupe ressort ainsi avec un écart de performance moyen de + 4,5 points et détient 5 % du marché français. "Nous faisons partie des acteurs privés et nous nous adressons aux éleveurs indépendants, qui préfèrent travailler avec des entreprises spécialisées pour être plus performants et ne pas dépendre d’une filière intégrée", analyse Matthias Michel, qui emploie aujourd’hui 430 salariés. Avec les modernisations industrielles engagées, il prépare ainsi la poursuite du développement du groupe, dans une logique de pérennité pour la quatrième génération à venir, mais aussi de pérennité et de performance au service des filières d’élevage. "Le million de tonnes en 2027 n’est pas seulement un objectif chiffré : c’est un symbole de transmission et de projection, ajoute-t-il. Nous voulons démontrer que notre modèle familial et indépendant s’affirme, investit et prépare l’avenir aux côtés des éleveurs et des filières. Nous voulons aussi pouvoir résister face aux importations."

Vente d’aliments et d’animaux

Le Groupe Michel réalise 60 % de ses 680 millions d’euros de chiffre d’affaires dans la fourniture d’aliments pour les filières d’élevage, pour moitié à destination des porcs. Le reste est fléché vers les ruminants, mais aussi vers les volailles (pondeuses). À côté de la commercialisation d’aliments, le Groupe Michel apporte également des services aux éleveurs, en les aidant à trouver des débouchés pour leurs animaux. "Nous organisons la production et la commercialisation pour le compte d’éleveurs, qui nous confient leurs volumes. Nous sommes ainsi chargés de trouver des clients abattoirs ou metteurs en marché", explique Matthias Michel.

Cette activité est particulièrement importante dans la volaille de chair. Le Groupe Michel accompagne de manière poussée les éleveurs, jusqu’à les soutenir dans leurs démarches financières auprès des banques ou sur les aspects réglementaires. "La France a besoin de 400 nouveaux bâtiments dans les cinq ans qui viennent. Le sujet est fortement lié à la reconquête de la souveraineté alimentaire de notre pays." Il y a donc une carte à jouer pour l’entreprise, car si la consommation de bœuf baisse en France, elle augmente pour le poulet (+ 5 % en un an).

Innovation dans les poulaillers

Ainsi, depuis cinq ans, le Groupe Michel Nutrition Animale mène un programme continu de construction et de rénovation de poulaillers. De quoi renforcer la compétitivité des élevages tout en intégrant les attentes en matière de conditions d’élevage et de durabilité. Le groupe s’est également fixé l’objectif d’atteindre 50 poulaillers plein air pour pondeuses d’ici à 2030. Pour développer cette filière volaille, il fonde par ailleurs sa stratégie sur l’innovation, intégrant une dose d’intelligence artificielle dans son accompagnement. "L’élevage, ce sont des maths ! Nous avons donc développé une culture de la donnée en volaille, afin d’apporter notamment des outils d’aide à la décision à nos éleveurs", explique Matthias Michel. Sa solution coMI SENSE, développée en interne et primée au concours Innov’Space 2025, vise ainsi à améliorer le confort de travail et le suivi technique des élevages grâce à l’analyse du son, de la vidéo et à l’intelligence artificielle. "Nous avons pour projet également le lancement d’une application de détection des cris des volailles. En fonction du bruit émis, un signal sera envoyé à l’éleveur pour lui permettre d’adapter son intervention. De la même manière, des caméras enverront des photos d’un lot d’animaux à l’éleveur, qui pourra en connaître précisément le poids individuel pour adapter leur alimentation."

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