La SNCF n’a pas été seule à pâtir d’actes de vandalisme dans la région de Valence lundi dernier dans la nuit. Des incidents qui ont paralysé son trafic dans tout le quart sud-est de la France. Une demi-heure plus tôt, dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 octobre, aux alentours de 3 heures du matin, c’est l’entreprise de travaux publics Cheval (1100 salariés, 200 M€ de CA en 2024) qui en était la cible.
Un incendie de grande ampleur a ravagé l’un des sites de production du groupe drômois, la carrière des Barris, située à Saint-Marcel-lès-Valence, à proximité de la gare Valence TGV. Le feu a détruit des équipements de transformation et de revalorisation de matériaux de construction (criblage et de concassage de granulats) ainsi que cinq engins de terrassement, stationnés à plusieurs centaines de mètres les uns des autres.
Un sinistre estimé à plus de 5 millions d’euros
Le sinistre a causé d’importants dégâts matériels dont le coût est estimé à plusieurs millions d’euros. "Le montant va très certainement dépasser les 5 millions d’euros pour les dégâts matériels et la perte d’exploitation", confie Nicolas Meffre, directeur général. Le seul prix unitaire des engins de chantier s’élève à 300 000 euros. Le site, qui employait 10 salariés, devrait être fermé pour une durée prévisionnelle de 8 mois à un an.
Dans l’intervalle, ce sont les autres carrières du groupe, qui prendront le relais, avec la volonté de "remobiliser les salariés" du site sinistré. "Les granulats que nous produisions à Saint-Marcel-lès-Valence seront fabriqués à Alixan, Bourg-de-Péage, et Chabeuil, mais cela va occasionner des surcoûts d’exploitation ", ajoute le directeur général.
Pourquoi ce n’est pas un accident
"Les départs distincts et distants de feu nous permettent de comprendre qu’il ne s’agit pas d’un accident. Une enquête de gendarmerie est en cours pour déterminer l’origine exacte de cet acte et identifier les responsables", indique Jean-Pierre Cheval, le PDG du groupe de travaux publics et d’aménagement implanté à Alixan.
L’enquête en cours, qui mobilise depuis le début de la semaine une vingtaine de personnes de la gendarmerie scientifique, viendra donc en déterminer les causes exactes et établira le lien éventuel avec les sabotages perpétrés sur la ligne SNCF à proximité. Mais à ce stade, l’hypothèse privilégiée par les enquêteurs est celle d’une action menée par des opposants à deux projets auxquels participe l’ETI. Il s’agit de la construction d’un échangeur autoroutier à la hauteur de Saint-Rambert-d’Albon dans le nord de la Drôme et des travaux préparatoires de la déviation de la route de Saint-Péray en Ardèche.
Au-delà du préjudice financier, "c’est un choc moral profond pour l’ensemble des équipes du groupe. Une dizaine de collaborateurs voient leur activité brutalement interrompue, et c’est toute notre organisation qui se trouve bouleversée", souligne le dirigeant dont l’entreprise a été la première société de travaux publics à être labellisée "entreprise à mission" en 2020.