Qu’est-ce qui motive votre venue dans le Haut-Rhin ?
Ce sera le 43e département que je visite. Ces déplacements sont nécessaires à la fois pour stimuler le réseau France 2030 en incitant les entreprises à candidater et à dresser les premiers bilans. À date, 38 milliards d’euros ont été engagés sur toute la France pour 5 000 projets, ce qui représente 100 000 emplois créés ou maintenus depuis près de trois ans. Dans le Grand Est, 912 millions d’euros (dont 75 millions d’euros rien que pour le Haut-Rhin, NDLR) ont été investis pour 393 projets industriels. Ce montant dépassera le milliard d’euros d’ici la fin de l’année car il y a encore des projets dans le pipeline. Aujourd’hui, 30 % des lauréats sont des PME, 23 % des ETI et 16 % des grands groupes. Le solde concerne la recherche et la formation avec notamment des aides à destination d’organismes publics pour la mise en place de formations diplomates et certifiantes comme pour les écoles de chimie qui proposent des modules de formation autour de la décarbonation. J’encourage les entreprises à déposer leurs dossiers lorsque c’est innovant et que ça va vers la décarbonation de leurs process.
Quelles opportunités les futures implantations de Microsoft et de Blue Solutions, fabricant de batteries solides, à proximité de Mulhouse peuvent-elles offrir ?
Au-delà d’opportunités pour l’emploi et le développement économique, c’est la transformation d’anciennes zones, datant parfois du XIXe siècle, en entreprises du futur. La mutation de notre industrie nous ouvre les portes, non pas celles des Trente Glorieuses comme on disait à l’époque, mais des Trente Vertueuses. Et ce, par le biais d’entreprises qui font de la croissance en étant également vertueuses, avec l’objectif d’ériger la France en modèle face aux enjeux environnementaux.
Vous avez annoncé des objectifs assez élevés pour l’industrie qui représenterait 15 % du PIB national en 2030. Est-ce toujours réalisable ?
J’en suis absolument persuadé. L’industrie à la Zola, c’est fini ! Nous sommes dans une industrie qui est moderne, vertueuse et propre. Récemment, on se référait sans cesse à l’Allemagne. Or, on voit bien que la part de l’Allemagne dans l’industrie automobile n’est actuellement pas glorieuse. La dynamique que je constate dans votre région montre bien que le sujet n’est plus de faire de la compétition avec votre grand voisin sur le plan industriel mais de le dépasser par l’innovation. À l’arrivée, on va certainement retrouver le Grand Est parmi les leaders européens de ces Trente Vertueuses.
Ne craignez-vous pas un tour de vis de la part du futur gouvernement qui sera confronté à réduire le déficit de la France ?
Quel que soit le gouvernement qui sera en place, s’il y a une chose que je m’emploierai à faire, c’est de faire la distinction entre dépenses et dette avec l’investissement pour l’avenir. Clairement, le plan 2030 a été pensé pour les générations futures en levant la tête du guidon. France 2030 n’est pas une cagnotte que l’on peut raboter pour faire bien à court terme. Je ne prêche pas que pour ma paroisse, car je vois bien la dynamique enclenchée sur le territoire avec les 5 000 projets que nous soutenons. Grâce à France 2030, les entreprises ont osé faire aujourd’hui ce que la plupart d’entre elles avaient prévu de faire demain. Nous sommes un accélérateur d’innovation pour la France et il faut préserver cette avance.