Quelques mois après avoir dévoilé son plan stratégique baptisé "Nouvelles proximités", le Crédit Agricole Alpes Provence (CAAP), présent dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et les Hautes-Alpes, passe aux actes. "Dans un contexte national où les entreprises doivent faire face à des transformations rapides, et parfois profondes, nous avons fait le choix d’accélérer", confie en préambule Laurent Fromageau, directeur général du CAAP (2 300 collaborateurs, PNB 2024 : 479,50 M€).
Cette accélération s’incarne dans une "Task Force 360°" et s’adresse à toutes les entreprises clientes ou non de la banque coopérative. Alors que près d’une entreprise sur trois est aujourd’hui cliente du CAAP, l’ambition de la direction, à l’horizon 2026, est d’accompagner une ETI sur 2, une PME sur 3, un professionnel sur 4, d’installer 9 agriculteurs sur 10.
Renforcement de Sofipaca, société de capital investissement
L’ambition de conquête repose sur cette Task Force 360°, créée pour répondre aux besoins de trésorerie des entreprises, les accompagner dans leur transition numérique et leur politique RH.
Le premier outil à disposition des PME et ETI du territoire, le fonds Sofipaca, a été renforcé. Il bénéficie "d’un nouvel apport de 15 millions d’euros des actionnaires, du réinvestissement systématique des résultats et il a vu son seuil d’intervention augmenter pour atteindre jusqu’à 10 millions d’euros par opération, voire 50 millions d’euros aux côtés d’autres structures d’investissement du groupe Crédit Agricole", détaille Florence Politi, directrice d’investissement à Sofipaca.
Investisseur financier de long terme et actionnaire minoritaire, Sofipaca détient 150 millions d’euros sous gestion (un chiffre doublé en cinq ans) et a accompagné plus de 300 PME et ETI depuis sa création en 1984. "L’objectif est d’augmenter nos encours de 50 % à l’horizon 2030, précise la directrice. Une première opération à 10 millions d’euros auprès d’une ETI régionale pourrait se concrétiser en 2026", ajoute Laurent Fromageau.
L’accompagnement de la transition numérique
Autre sujet clé pour lequel le CAAP a décidé de proposer ses services : la transition numérique, avec un focus particulier sur la facturation électronique. Cette dernière devient obligatoire dès le 1er septembre 2026 pour les entreprises de plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, avant d’être étendue aux entreprises réalisant moins de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires un an plus tard. "Deux structures ont été créées au niveau du groupe, Doxallia et Kolecto. Une collaboratrice, experte en confiance numérique, Amel Lachhab, a été recrutée pour déployer cette offre localement", complète le directeur général.
Dernier volet de force de frappe à destination des entreprises : les ressources humaines. Six postes ont été créés et dédiés pour accompagner les dirigeants en matière d’épargne salariale et de retraite, d’assurances santé et prévoyance. Une troisième brique, digitale, repose sur l’application Worklife pour simplifier le quotidien des salariés.
Le CAAP, un investisseur territorial
Parce que les entreprises vivent sur un territoire, le Crédit Agricole Alpes Provence prend enfin position pour accompagner les transformations à l’œuvre dans les trois départements couverts. "À l’horizon 2030, nous voulons investir 600 millions d’euros au service des territoires", rappelle Laurent Fromageau. Dans la perspective des Jeux Olympiques 2030, la banque régionale a soutenu la transformation d’une ancienne caserne militaire en hôtel 4 étoiles à Briançon, dans les Hautes-Alpes. "Intervenue début décembre, cette ouverture d’hôtel est la première depuis 1985 à Briançon et elle s’accompagne de la création de 10 emplois", souligne Jérôme Vuillemot, directeur développement et transitions des territoires.
Depuis juillet 2025, le CAAP offre un nouveau souffle à l’entreprise commune IDAMP (Immobilier Développement Aix Marseille Provence), qu’il détient à hauteur de 35 % aux côtés de la Métropole Aix-Marseille et de la Banque des Territoires. Une première réalisation concrète est à l’œuvre avec la reconversion d’une friche industrielle à Châteauneuf-les-Martigues en un site, l’EcoPark, qui pourra accueillir une vingtaine d’entreprises d’ici 2028.