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Le Comité interprofessionnel des vins de Provence veut voir émerger un modèle provençal durable
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Le Comité interprofessionnel des vins de Provence veut voir émerger un modèle provençal durable

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Pour la première fois de son histoire, le Comité interprofessionnel des vins de Provence conserve son président pour un second mandat. Face aux mutations mondiales et sociétales, le vigneron coopérateur Eric Pastorino entend accompagner le vignoble vers un modèle provençal durable.

Eric Pastorino, président du Comité interprofessionnel des vins de Provence — Photo : CIVP

Eric Pastorino, a été réélu pour un 2e mandat de trois ans à la présidence du Comité interprofessionnel des Vins de Provence, qui couvre trois appellations (Côtes de Provence, Coteaux d’Aix-en-Provence, Coteaux Varois en Provence). Une première pour cette institution, dont les statuts prévoyaient, jusqu’en 2018, une alternance obligatoire entre les représentants du négoce et ceux de la production. Les premiers ont accepté, cette année, que la production conserve la présidence. "La filière a joué l’unité et le maintien d’un cap stratégique", se félicite le président.

Un contexte économique perturbé

Le choix de la continuité est la réponse de tous à un contexte, totalement chamboulé. Il est en effet fini le temps de l’euphorie, lorsque les Vins de Provence gagnaient chaque année des parts de marché. "Ainsi, les données de marchés de janvier à juillet 2023 font apparaître une baisse de 5 % des sorties de chais, une baisse de 15 % sur la grande distribution et une baisse de 6 % sur l’export", détaille Eric Pastorino.

Par ailleurs, la consommation de vins rosés (90 % des vins de Provence) se replie en 2022 dans presque tous les principaux marchés. "Je ne sais pas si nous avons atteint la limite de notre croissance. Nous avons besoin d’études plus précises pour analyser les évolutions mondiales et sociétales. Aujourd’hui, nous avons du mal à dissocier les éléments conjoncturels de ceux plus structurels", ajoute le président.

"Aujourd’hui, nous avons du mal à dissocier les éléments conjoncturels de ceux, plus structurels."

Dans ce contexte, Eric Pastorino confie ne pas avoir peur que ce second mandat soit plus compliqué que le premier. Il tempère aussi la situation économique du vignoble provençal, qui "n’est pas en crise, qui ne souffre pas comme d’autres appellations et qui a encore du potentiel pour l’avenir." Et d’ajouter que tout l’enjeu est "d’anticiper ce qui a pu arriver aux autres, de s’organiser pour continuer à se développer."

Une marque forte pour tous

Pour le président, la filière est à un tournant et il compte bien accompagner tous ses adhérents, face aux défis technologiques, aux défis de la transmission, aux défis économiques. Il mise pour cela sur les recettes qui ont fait le succès de son premier mandat.

Le travail collectif d’abord, derrière une marque commune aux trois appellations : les Vins de Provence.

"Cette marque appartient à tout le monde, aux 53 caves coopératives et 469 caves particulières, aux vignerons installés depuis des générations, comme aux néovignerons, aux 37 négociants vinificateurs ou aux grandes maisons comme Moët & Chandon ou encore Pernod Ricard, qui ont un poids non négligeable aujourd’hui. Tous ensemble, nous devons préserver notre modèle provençal, un modèle qui mêle viticulture familiale, coopération et grandes maisons", explique Eric Pastorino.

Plusieurs produits et services sur un même lieu

Lors de sa réélection, Le président a aussi rappelé la nécessité de diversifier les activités autour de chaque domaine, et notamment de s’intéresser à l’œnotourisme. Il a d’ailleurs signé une convention avec l’agence d’attractivité touristique du département, Var Tourisme. "À travers notre travail de la vigne, nous avons une expérience à partager et c’est un moyen d’amener les jeunes générations à la découverte du vin", souligne Eric Pastorino.

Outre le tourisme, il émet aussi l’idée de revenir à la polyculture sur certaines exploitations, la nécessaire préservation des paysages à travers une demande de reconnaissance auprès de l’Unesco. Il plaide enfin pour "un modèle champenois où prime le partage de la valeur ajoutée entre les vignerons qui ont la terre et les grandes maisons le commerce." Toutes ces pistes seront explorées au sein d’un nouveau comité, baptisé "Avenir et innovation", qui permettra à chacun des adhérents du CIVP de réfléchir à ce qu’il veut être.

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