Dirigeant du groupe CMF, près d'Ancenis, vous présidez l'International Ouest Club (IOC). Animée par la CCI Nantes Saint-Nazaire, cette association accompagne les entreprises des Pays de la Loire à l’export. Quelles sont les relations commerciales entre notre région et les États-Unis ?
Les liens économiques entre les États-Unis et les Pays de la Loire sont forts. Les États-Unis sont le deuxième partenaire commercial des Pays de la Loire, aussi bien pour les exportations que pour les importations. En 2023, nos exportations vers les États-Unis s’élevaient à 2,8 milliards d’euros, soit 11 % des exportations de la région. Elles sont portées principalement par la livraison de paquebots à des armateurs américains, d'avions Airbus, de machines et équipements d’usage général, ainsi que de produits agroalimentaires. Les importations, qui se montent à 3,6 milliards d’euros, sont essentiellement constituées d’hydrocarbures naturels, acheminés par le port de Montoir-de-Bretagne. Au sein de notre club, nous recensons 38 entreprises implantées ou exportant vers les États-Unis.
Que retenez-vous des premières annonces de Donald Trump ?
À l’occasion de l’International Week (une manifestation aidant les PME à exporter dont la dernière édition s'est déroulée début octobre), notre club a invité Nicole Bacharan, politologue française spécialiste de la société américaine et des relations franco-américaines, pour répondre aux interrogations de nos membres. Je retiens trois grands enseignements de nos échanges. Tout d’abord, Donald Trump pourrait prendre très rapidement des positions fermes sur l’immigration. Ce qui pourrait impacter les entreprises françaises implantées aux États-Unis ayant de forts besoins de main-d’œuvre. Ensuite, nous nous attendons à des taxes à l’importation significatives, de l’ordre de 15 %, sans savoir quels produits seront taxés ou pas et s’il y aura des mesures de rétorsion de la part de l’Union Européenne. Ce qui crée des incertitudes, voire des inquiétudes. En effet, l’application d’une taxe de 15 % sur des produits agroalimentaires ou autres, à faible marge, les fait sortir de facto du marché. Enfin, l’annonce par Donald Trump que, non seulement la Chine, mais aussi le Mexique et le Canada seront concernés par l’augmentation des droits de douane sur les produits importés remet en cause la pertinence de la stratégie de nombreuses entreprises régionales pour qui le Canada, et plus particulièrement le Québec, constituent une porte d’entrée sur le marché américain. Cela peut amener des entreprises à revoir leur modèle économique installé ou à venir.
Faut-il alors s’orienter vers d’autres marchés export ?
Fort de 160 membres, IOC est le plus important club export de France et nous sommes toujours convaincus que le développement international offre aux entreprises un excellent relais de croissance, dans un environnement économique qui se tend. Il ne faut pas se désengager du marché américain, intéressant par sa taille, son dynamisme et son potentiel. Ce n’était déjà pas un marché facile. Désormais, les entreprises ligériennes devront faire preuve d’encore plus de professionnalisme pour s’y faire une place. Nous nous tenons à leur disposition pour les accompagner dans cette démarche.