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L’association What06 lance son appli pour guider les jeunes filles vers les métiers de la tech
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L’association What06 lance son appli pour guider les jeunes filles vers les métiers de la tech

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L’association azuréenne What06 œuvre depuis 2016 à valoriser les femmes travaillant dans le numérique et la technologie où elles sont encore sous-représentées. Pour prendre le mal à la racine, elle lance sa plateforme Tech4Elles pour mettre en relation des jeunes filles et des marraines "roles models".

Valérie Guillon (à droite) est vice-présidente de WHAT06 qui œuvre pour valoriser la place des femmes dans la Tech. Maeva Cecchi est la secrétaire adjointe de l’association — Photo : Olivia Oreggia

L’application Tech4Elles est désormais opérationnelle, disponible gratuitement sur l’app Store ou Google Play. Les élèves de Première ou Terminale peuvent s’y trouver une marraine. Une de ces femmes qui ont un beau parcours dans la tech et qui pourront devenir leur mentor sur l’année scolaire, les conseiller, les éclairer sur les possibilités qui les attendent si elles choisissent cette même voie.

Seuls critères exigés : être une fille et avoir un minimum de curiosité. "Disons un peu d’appétence à découvrir le milieu de la tech", précise Valérie Guillon, vice-présidente de What06 (Women Hackers Action Tank). À l’origine de ce nouvel outil, l’association qui regroupe une vingtaine de femmes et œuvre à rendre visibles les femmes de la tech et du numérique où elles sont encore largement sous-représentées.

D’un bac littéraire à la technopole de Sophia Antipolis

Nul besoin donc de répondre au portrait-robot de la crack en mathématiques. "Surtout pas !", reprend Maëva Cecchi, secrétaire adjointe. "Il ne faut surtout pas qu’il y ait ce blocage Je suis nulle en maths donc je n’y arriverai jamais." La jeune femme en est un exemple probant, elle qui a fait un baccalauréat littéraire avant d’entreprendre puis d’abandonner rapidement des études de droits. Elle est aujourd’hui designer UX au sein du centre de R & D de l’espagnol Amadeus, poids lourd mondial de l’industrie du voyage, basé à Sophia Antipolis.

Elles seront toutes deux marraines. Les autres femmes engagées dans ce mentorat travaillent chez Thales, NXP, Docaposte ou Pro-BTP. Valérie Guillon chez Orange Business. Elles sont ingénieures, cheffes de projet, data scientist, data analyst, entrepreneuses… "L’une d’elles expliquait qu’elle ne se serait jamais pensée capable de travailler dans le milieu de la tech, raconte Maëva Cecchi. Parce qu’à ses yeux, c’était un secteur très flou et finalement réservé à des génies. Maintenant, elle travaille dans la data comme manager et sait que la confiance se gagne petit à petit."

De la difficulté de se représenter ces métiers de la tech

Car dans la tech comme ailleurs, le célèbre "syndrome de l’imposteur" sévit toujours parmi les femmes : elles n’osent pas ou peu. Mais dans la tech, plus qu’ailleurs, s’ajoute à celui-ci l’immense difficulté de se projeter dans un de ces métiers. "Pour aller faire quelque chose qu’elles connaissent, il faut déjà qu’elles soient sûres d’avoir coché 100 % des cases, analyse Valérie Guillon. Parler à une jeune fille du métier de dentiste, boulanger ou ostéopathe, sera facile mais d’UX designer ou ingénieure réseau, c’est autrement difficile à se représenter."

Un constat qui se traduit dans les chiffres : en France, 25 % des ingénieurs sont des femmes, alors que 37 % des lycéennes envisagent d’intégrer une école informatique ou tech, contre 66 % des garçons. "Ça ne décolle pas", déplore Valérie Guillon.

Depuis deux ans, l’association What 06 organise les Girls Tech Day, un événement dédié aux collégiennes pour leur faire découvrir par des ateliers ludiques et interactifs, l’IA, la robotique, la cybersécurité… — Photo : WHAT06

Mentorat éprouvé

Pour pallier cette situation, What06 organise déjà des Girls Tech Day pour faire découvrir aux collégiennes l’IA, la robotique ou la cybersécurité.

Tech4Elles est née de cette même "douleur", confie Valérie Guillon qui fut pendant trois ans marraine au sein de Capital Filles, association créée par Orange en 2012 pour une meilleure égalité des chances en accompagnant des jeunes femmes issues des quartiers prioritaires et de territoires ruraux. "Nous allions notamment parler dans les écoles, les lycées pour qu’elles puissent s’identifier à des femmes ayant de beaux parcours dans ces secteurs. Et nous avons eu de vrais succès. Certaines sont parties dans l’informatique mais aussi dans le génie civil, ont suivi des études d’architecte ou d’ingénieure dans la construction. Alors pourquoi ne pas aller plus loin ?"

Ce même principe de binôme marraine-filleule est donc appliqué avec Tech4Elles. Avec pas loin de cinquante bénévoles pour commencer.

En s’inscrivant sur l’application, les lycéennes répondent à quelques questions sur leurs goûts, leur personnalité, leurs rêves, leur vision du travail ou de leur avenir… Comme sur une appli de rencontres, leur profil va ainsi "matcher" avec celui de marraines qu’elles pourront choisir.

Élargir ensuite à d’autres publics

Orange Business a financé une partie de l’application, développée par un étudiant de l’école 42 Nice et hébergée par Kabia, fournisseur niçois de services informatiques.

Beaucoup ont offert de leur temps pour soutenir ce projet. La Fondation Sophia Antipolis s’est engagée à aider à son déploiement.

What06 prévoit déjà dans un second temps d’élargir Tech4Elles à d’autres publics : "des étudiantes qui décrochent, des femmes éloignées de l’emploi et qui pourraient suivre une reconversion, précise Valérie Guillon. Il y a aujourd’hui un boulevard pour faire une belle carrière dans les métiers du numérique, avec des fonctions passionnantes."

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