Finistère
Lampaul Agro : Le soutien de producteurs de porcs
Finistère # Industrie

Lampaul Agro : Le soutien de producteurs de porcs

Porcs Aveltis, Porelia, Sypropoc et Triskalia soutiennent le projet de reprise de l'abattoir de Lampaul. Ils veulent faire avancer le dossier auprès des pouvoirs publics.

Les présidents des groupements de producteurs de porcs Porelia, Aveltis, Triskalia et Syproporc soutiennent le projet Lampaul Agro et veulent le faire savoir. Ce projet, porté par neuf ex-cadres de Gad SAS, vise à faire redémarrer l'abattoir de Lampaul-Guimiliau avec 250 salariés pour 9.500 porcs/semaine contre 18.000 avant la fermeture de ce site de Gad SAS. Pour démarrer, Lampaul Agro a besoin des clés du site nord finistérien, toujours propriété de la Cecab. Seulement voilà, silence radio du côté de la coopérative morbihannaise. « L'un des arguments contre ce projet, c'est qu'il enlèverait des porcs au site de Josselin (abattoir de Gad, celui conservé par la Cecab, NDLR), mais c'est complètement faux », affirme Philippe Bizien, président d'Aveltis. Leurs groupements respectifs ne fournissent que très peu de porcs à Josselin, via le cadran (le système d'enchères du marché du porc). « Gad a un fournisseur de porcs, c'est Prestor, qui est également actionnaire », souligne-t-il.




« Union sacrée » de quatre groupements

« On s'engage à apporter des cochons à Lampaul Agro parce qu'on est persuadé que l'abattoir à une place stratégique dans le futur de la filière porcine. Contrairement au reste de la France, en baisse, la production de porcs dans le Finistère est stable. Et c'est là qu'on supprime un abattoir ! C'est inconcevable », explique Michel Bloc'h du Groupement Porc Triskalia. Il défend une vision à long terme de la filière. « Le ministre de l'Agriculture a annoncé vouloir revenir à une production de 5 millions de porcs en France. C'est très bien, mais on aura besoin d'outils industriels là où sont produits les porcs. Sans ce projet, c'est l'acceptation sociétale des élevages porcins que l'on va aussi perdre en Bretagne. » À quatre, Porelia, Abeltis, le groupement porc de Triskalia et Syproporc représentent 50 % de la production de porc en Bretagne avec 125.000 porcs abattus par semaine. « On est significatif tout de même, s'indigne Philippe Bizien. Mais il a fallu qu'on demande à être reçu par Deloitte, qui audite le projet. » Les producteurs de ces quatre groupements forment donc cette « union sacrée » pour se faire entendre et ils exigent même des réponses des politiques au niveau national. « On trouve que ça traîne trop. On veut qu'ils se positionnent et qu'ils convainquent la Cecab de venir à la table des négociations, insistent ces producteurs. Cet abattoir est essentiel pour le territoire, dont la production de porcs est stable voire en hausse ! Et l'État a quand même quelques leviers », lâche Philippe Bizien, président d'Aveltis, qui pensent sans doute aux abandons de créances consenties par l'État pour sauver la coopérative en difficulté. « Le temps joue contre le projet », rappellent les présidents. Le 23 mai, Les pouvoirs publics (État, Région et Département) ont apporté une première réponse après avoir pris connaissance du rapport de Deloitte : « Les éléments d'analyse confirment le sérieux des porteurs de projet », était-il écrit dans leur communiqué.

Finistère # Industrie