Suite au départ de leur exploitant, le groupe Valvital (CA : 39 M€), et à leur placement en liquidation judiciaire, les thermes de Bourbonne-les-Bains auraient pu fermer définitivement leurs portes. Pour autant, l’entreprise accueillera de nouveau des curistes dès le 24 mars, grâce à l’action conjointe de l’agence d’attractivité de la Haute-Marne et de la ville de Bourbonne-les-Bains.
"Nous étions au courant des difficultés du groupe Valvital. Nous avons commencé à réfléchir à ce projet à partir de cet automne", se souvient Thomas Corvasce, le directeur de l’agence d’attractivité de la Haute-Marne.
Une société publique locale
Jusqu’à son retrait, le groupe Valvital exploitait les thermes par le biais d’un contrat de DSP (délégation de service public), le bâtiment appartenant à la commune de Bourbonne-les-Bains. Suite à l’interruption de ce contrat, c’est l’agence d’attractivité qui prendra le relais, avec une SPL (société publique locale). "Courant mars, après sa modification statutaire, l’agence d’attractivité proposera un contrat de gestion des thermes à la commune pour entrer dans la saison à la date prévue, soit le 24 mars", explique l’agence d’attractivité dans un communiqué. La signature de ce type de contrat permet une reprise plus rapide des thermes qu’avec une nouvelle délégation de service public, où un principe de mise en concurrence doit s’appliquer.
300 000 € d’investissements
Du même coup, l’ensemble des salariés des thermes (39 CDI et 26 saisonniers) seront repris aux mêmes conditions que précédemment. "Nous doublons nos effectifs", explique Thomas Corvasce. L’agence d’attractivité, qui compte déjà 39 collaborateurs, intégrera les salariés des thermes dans une branche séparée. Chacune des deux parties conservera sa convention collective respective.
Pour l’exploitation, l’agence d’attractivité a soumis au conseil municipal deux contrats, permettant l’encaissement des réservations et la tenue d’importants travaux de maintenance, estimés à 300 000 €. "Certains équipements sont très chers, et il y a 8 000 m² de bâti", chiffre le directeur de l’agence d’attractivité.
Rentabiliser l’activité en une année
Pour être rentables, les thermes devront atteindre près de 3,6 millions d’euros de chiffre d’affaires et convaincre 5 000 curistes en 2025. Un objectif qui pourra être réalisé "à condition que rien ne vienne contrarier nos plans", tempère Thomas Corvasce. En comparaison, les thermes ont convaincu près de 5 150 curistes en 2024 et près de 2 650 ont déjà confirmé leur réservation pour 2025. Un plan de communication ainsi qu’un évènement de lancement avec une conférence sur les vertus de l’eau thermale bourbonnaise sont prévus pour accompagner cette relance.
"C’est une solution provisoire pour ne pas interrompre l’exploitation. Si on réussit cette première année, alors il y aura deux possibilités : chercher un nouveau délégataire, ou continuer avec l’agence d’attractivité, mais avec un contrat plus long", anticipe Thomas Corvasce.
Un projet de diversification
"Cette eau est une pépite locale et non délocalisable. Notre objectif n’est pas de révolutionner le modèle, mais plutôt de le faire évoluer progressivement, dans un schéma d’exploitation pérenne", lance le directeur de l’agence d’attractivité. 90 % de l’activité restera centrée sur les cures thermales, 10 % devraient être consacrés à sa diversification. "Nous allons mettre l’accent sur les mini-cures, qui étaient déjà là l’an dernier", avance Thomas Corvasce.
Deuxièmement, l’agence d’attractivité souhaite développer la partie "remise en forme", pour convaincre notamment les entreprises intéressées par des sujets de prévention et de qualité de vie au travail. "Nous pensons qu’il y a un marché à conquérir, auprès des groupes de la Haute-Marne", prévoit le directeur de l’agence d’attractivité.