Bataille judiciaire en vue entre la Ville de Royat et le géant du thermalisme Valvital 
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Bataille judiciaire en vue entre la Ville de Royat et le géant du thermalisme Valvital 

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La Ville de Royat a déposé plainte contre Valvital, deuxième groupe thermal de France, pour escroquerie, abus de confiance et détournement de fonds publics. La mairie reproche à l’ancien exploitant des thermes de ne pas avoir respecté ses engagements d’investissement et de l’avoir dupée. L’entreprise se défend et annonce, à son tour, qu’elle portera plainte courant janvier pour diffamation et dénonciation calomnieuse.

En 2007, Royatonic, le centre aqualudique est venu apporté un espace de détente et de bien-être supplémentaire aux Thermes de Royat — Photo : Gilles Cayuela

Le différend se réglera devant les tribunaux. La Ville de Royat, dans le Puy-de-Dôme, a déposé plainte en décembre contre Valvital (767 salariés ; 59 M€ de CA), deuxième groupe thermal de France, pour escroquerie, abus de confiance et détournement de fonds publics. La municipalité reproche au groupe sa gestion des thermes de la ville et du centre aqualudique Royatonic entre 2021 et 2024 et l’absence d’investissement.

Une promesse d’investissement non tenue

Propriétaire des sites, elle avait accordé une concession de 30 ans à Valvital, assortie, selon elle, d’une promesse d’investissements compris entre 30 et 35 millions d’euros. "Valvital s’était engagé à rénover les thermes et Royatonic, mais aussi à construire une résidence hôtelière de 73 appartements. Le calendrier des travaux était fixé et devait démarrer en mars 2022. Rien de tout cela n’a été respecté", assure maître Jean-Hubert Portejoie, l’avocat de la Ville de Royat.

Pire, selon lui, le groupe n’aurait jamais formulé la moindre demande de financement auprès de la Banque des Territoires, contrairement à ce qui avait été indiqué aux élus. "C’est là qu’on entre dans des manœuvres malicieuses et frauduleuses. Ils ont dupé la mairie pendant des mois et des mois pour continuer à exploiter les thermes. On estime que Valvital a encaissé plus de trois millions d’euros de bénéfices sur la période à Royat", insiste l’avocat de la Ville.

Rupture du contrat début 2025

La municipalité a décidé de rompre le contrat début 2025 et a repris la gestion des établissements, pour lesquels elle indique avoir engagé des travaux urgents de remise en état et de réparation des installations. La facture s’élèverait à 1,7 million d’euros. Quant au détournement de fonds publics, la municipalité accuse le groupe d’avoir perçu des sommes pour 2025, alors qu’il n’exploitait plus le site. "Cela concerne les arrhes versées au moment des réservations ou les bons cadeaux. Rien n’a été restitué ", souligne Jean-Hubert Portejoie, qui parle d’un préjudice global conséquent pour son client.

"Tout est faux", selon Valvital

De son côté, Valvital conteste l’ensemble des faits allégués. "Tout est faux. Tous les engagements pris ont été respectés. La commune oublie simplement le contrat de DSP et les avenants qui ont été signés par le Maire et validés par le conseil municipal", tonne maître Alain Jakubowicz, avocat du groupe, qui précise que près de 900 000 euros ont été investis dans le cadre du contrat.

Le géant du secteur, qui gère 12 stations thermales, annonce qu’il portera plainte courant janvier contre la mairie de Royat pour diffamation et dénonciation calomnieuse, précisant attendre la plainte adverse. "Ces actions judiciaires font suite à des accusations publiques graves, infondées et attentatoires à l’honneur et à la réputation du groupe et de son dirigeant", dénonce Valvital. "L’entreprise n’a aucune intention de se laisser traîner dans la boue alors qu’elle entretient des relations de confiance avec un très grand nombre de collectivités", conclut l’avocat.

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