La start-up picarde Teravenir, basée à Amiens (Somme), veut boucler sa première levée de fonds. Lancée fin septembre, cette opération vise à récolter 500 000 euros dans les 6 à 9 mois. La start-up, créée en novembre 2024, a développé une solution, "unique au monde", selon son président Benjamin Mendou, docteur en biotechnologies végétales. Il s’agit d’une sonde connectée d’un nouveau genre, destinée à réduire fortement l’usage des pesticides en agriculture. L’entreprise, qui compte trois associés, ne communique pas son chiffre d’affaires.
Réduire de 30 à 50 % les pesticides
Benjamin Mendou travaille depuis dix ans sur les problématiques liées à la fertilisation azotée des sols et l’impact sur les rendements agricoles, pour l’Université de Picardie Jules Verne notamment. Il a développé une solution qui permet à un agriculteur de réduire l’usage des pesticides de 30 à 50 %, tout en augmentant ses rendements d’environ 20 %. Une innovation qui répond à un double enjeu, économique et environnemental. Elle permettrait à un agriculteur d’économiser près de 200 euros par hectare de culture. Le coût de cette solution est estimé à 10 000 euros, avec une commercialisation envisagée auprès de coopératives agricoles.
Premier brevet déposé en 2017
"C’est une application pilotée par un dispositif composé de deux éléments : une station ATS (Agriculture Technology Solution) avec une box d’acquisition des données, et des sondes dans le sol", explique Benjamin Mendou. Un système capable de couvrir 10 hectares de culture. Les sondes mesurent en temps réel l’humidité, la température, la dynamique des nitrites, le stock réel d’azote dans le sol etc.
"Ce qui nous différencie de la concurrence, c’est que nous passons d’une photo fixe à un instant T, à un film en continu", explique le dirigeant. Les données sont envoyées sur l’application : "l’exploitant sait donc quelle application d’intrants faire, la dose exacte, jusqu’à quelle date au plus tard et elle lui fournit des prédictions pour les jours à venir". Le premier brevet a été déposé en 2017, un second brevet est en cours, "car nous avons une nouvelle innovation : nous avons intégré dans la station un automate qui pilote de manière intelligente les sondes, pour mesurer plusieurs cultures en même temps", ajoute le scientifique.
Industrialiser la solution d’ici un an
Teravenir a terminé ses prototypes. La start-up entre désormais dans une phase de test grandeur nature, qui va durer une année. "Nous allons les mettre en place chez des agriculteurs picards", détaille Sophie Engster, directrice générale, recrutée récemment, qui a auparavant travaillé pour le développement commercial dans le secteur du luxe. La levée de fonds en cours a pour objectif d’industrialiser la solution et de renforcer l’équipe pour passer de trois salariés actuellement, à une dizaine.
"Différents profils d’investisseurs nous ont approchés, précise la directrice, des business angels qui ne connaissent pas le monde agricole, mais qui s’intéressent à notre solution, et d’autres investisseurs, cette fois issus du milieu". Le lancement commercial de la solution est prévu d’ici un an. "D’abord en Picardie, conclu le président, puis dans la région, puis en France, et nous visons également dans un second temps, un développement en Europe, notamment les Pays Bas et l’Allemagne".