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La Confiserie des Hautes Vosges investit dix millions d’euros pour s’agrandir
Vosges # Agroalimentaire # PME

La Confiserie des Hautes Vosges investit dix millions d’euros pour s’agrandir

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Les futurs bâtiments de La Confiserie des Hautes Vosges devraient être prêts en 2026, pour les 40 ans de l’entreprise familiale, devenue l’un des principaux sites touristiques du Grand Est. En poussant les murs, la confiserie entend améliorer l’accueil d’environ 300 000 visiteurs par an. Mais aussi augmenter ses espaces de préparation de colis pour la vente par correspondance.

Fabienne Picard, la dirigeante actuelle et son cousin Pascal George, directeur de production — Photo : Damien Guiot

Dix millions d’euros, c’est le montant qu’investira la Confiserie des Hautes Vosges (CDHV) pour ses deux nouveaux bâtiments de 1 600 m² chacun, dont les travaux de construction ont déjà commencé. "Le premier bâtiment permettra d’améliorer l’accueil des visiteurs les jours de foule. 300 000 visiteurs par an, logistiquement, c’est un peu compliqué…", lance Fabienne Picard, PDG de la confiserie située à Plainfaing dans les Vosges. Cette PME de 42 salariés (7,6 M€ de CA) revendique en effet le statut d’entreprise agroalimentaire "la plus visitée de France".

Elle figurait même au 7e rang des sites les plus fréquentés du Grand Est, toutes catégories confondues, derrière de grands noms comme le Parc d’attractions Nigloland, le Château du Haut-Koenigsbourg ou encore le Zoo d’Amnéville, selon l’Agence Régionale du Tourisme (chiffres 2021).

"De l’autre côté de la confiserie, on crée un bâtiment dédié à la vente par correspondance. Aujourd’hui, on travaille dans un petit local, il n’est plus vraiment adapté au volume de colis que l’on expédie, poursuit Fabienne Picard. On espère que les bâtiments seront opérationnels pour 2026 et les 40 ans de l’entreprise."

Une affaire familiale depuis 1986

En s’agrandissant, la CDHV fait plus que doubler sa surface. L’entreprise s’étend actuellement sur près de 2000 m², après avoir déjà plusieurs fois poussé les murs. "Ici, c’était des terrains qui appartenaient à mes grands-parents. Quand mon père, Jean-Marie Claudepierre, s’est mis à son compte pour vendre des bonbons sur les marchés, il y avait construit un tout petit laboratoire, en 1982. La confiserie a démarré de ce petit bâtiment, qui n’a cessé d’être agrandi depuis", explique Fabienne Picard.

La première photo de la CDHV, en 1986 — Photo : CDHV

En 1986, Jean-Marie Claudepierre s’allie à Bernard et Marie-Jeanne Claudepierre, son frère et sa sœur. Ils rachètent alors ensemble la Confiserie des Images, qui existait depuis 1982 à Épinal et dont le propriétaire partait à la retraite. "Ils ont récupéré les clients et ont racheté le savoir-faire et le matériel, c’est-à-dire les chaudrons, les turbines, la table chaude, etc.", raconte Fabienne Picard. À trois, ils s’installent dans le petit bâtiment construit par Jean-Marie Claudepierre, à Plainfaing, et se lancent dans la production. "Bernard était à la fabrication, Marie-Jeanne au magasin et mon père gérait l’entreprise et vendait des bonbons sur les marchés", résume la présidente actuelle.

470 tonnes de bonbons produites à l’année

"Mais les Claudepierre étaient connus ici pour être une famille de débardeurs forestiers pas de confiseurs", précise Fabienne Picard. Pour gagner la confiance de ses clients, Jean-Marie Claudepierre ouvre grand les portes de ses laboratoires aux visiteurs, dès les années 80. Et gratuitement. "Il a été mal vu de la profession, ça n’était pas dans l’air du temps. Mais il s’est aperçu que les visiteurs affluaient et achetaient plus facilement les bonbons lorsqu’ils avaient vu les laboratoires", commente la présidente. Un pari qui fait toujours partie intégrante de l’identité de la CDHV aujourd’hui.

Photo d’archive témoignant des premières visites de La Confiserie des Hautes Vosges, dans les années 80 — Photo : CDHV

L’entreprise a produit 470 tonnes de bonbons en 2023, dont 50 % ont été écoulés en magasin, 25 % en vente par correspondance, 12 % via des distributeurs et boutiques de produits du terroir. Et le reste sur les marchés, les foires et les salons. La confiserie rayonne désormais en dehors de Plainfaing. Ses douceurs se retrouvent sur les marchés de noël de neuf villes de l’est de la France, chaque année. En 2013, la CDHV expédie même 1 800 kg de bonbons sur le marché de noël de Moscou grâce à un partenariat avec des offices de tourisme français. Elle réitère l’expérience en 2018, cette fois à New York.

La deuxième génération aux manettes

Autre originalité, depuis 2020 l’entreprise produit également 30 000 boîtes par an pour Disney. Une initiative développée pendant la crise Covid, en pleine transition à la tête de l’entreprise. "J’ai pris la présidence en 2018. Nous avons eu deux années vraiment compliquées, parce que nous étions deux chefs à la barre, mon père et moi", se souvient Fabienne Picard. En 2020, la production de l’entreprise s’interrompt. "C’est là qu’on s’est dit : nous avons Internet, et les gens sont chez eux. Utilisons cela pour continuer à travailler", continue la présidente actuelle.

Les bonbons sont entièrement produits à la confiserie de Plainfaing — Photo : CDHV

Fabienne Picard s’attelle alors au développement du site web. Avec son mari, la dirigeante retravaille les newsletters, les offres et imagine de nouvelles boîtes de bonbons, en rapport avec les fêtes et le calendrier, comme pour la saint Valentin. De son côté, Pascal George, cousin de la dirigeante et directeur de production, diversifie l’offre avec l’arrivée de bonbons sans sucre. "Résultat, on n’a jamais fait une année de vente sur le web aussi forte qu’en 2020, avec 30 % de plus", commente la dirigeante. "C’est là que mon père a alors vraiment lâché la présidence. Il a vu comment nous avons géré l’entreprise pendant le Covid et ça l’a rassuré", confie Fabienne Picard.

Les visiteurs de la confiserie peuvent y voir le coulage des bonbons ou encore leur aromatisation — Photo : Michel Laurent

Ensemble, Pascal George et Fabienne Picard poursuivent aujourd’hui le développement de la CDHV. Le site continue de s’enrichir, notamment avec des visites virtuelles, pour découvrir l’entreprise en 3D depuis un écran d’ordinateur. "Cela nous permet de nous ouvrir vers l’extérieur tout en restant ici", précise la présidente. En octobre 2022, l’entreprise accentue sa diversification, avec l’acquisition d’une imprimante numérique, pour proposer aux clients des boîtes de bonbons personnalisées. Un investissement de 300 000 euros, soutenu par la région Grand Est au titre de la compétitivité.

Rester une entreprise familiale

Actuellement, huit membres de la famille travaillent dans l’entreprise. "Il y en a eu jusqu’à 12", indique Fabienne Picard. Même si l’entreprise s’agrandit, elle veut rester familiale et à taille humaine. "Nous ne travaillons jamais avec la grande distribution", poursuit la présidente. En lieu et place de distributeurs, cinq personnes de la famille, nommés "les Ambassadeurs" et dont le statut est indépendant, vendent les produits de la confiserie sur les marchés et foires.

Et, dans les murs de la CDHV, la troisième génération de confiseurs est déjà à l’œuvre : les deux filles de Pascal George travaillent pour l’une au conditionnement et pour l’autre, au magasin.

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