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La start-up Libel’Up redonne vie au matériel médical
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La start-up Libel’Up redonne vie au matériel médical

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Reconditionner fauteuils roulants, déambulateurs, béquilles et autres matériels médicaux, c’est le pari que s’est fixé la start-up lilloise Libel’Up créée en 2022. Après une première année d’existence tournée exclusivement vers le don, elle a repensé son modèle économique pour développer un axe commercial en sus.

La start-up Libel’Up reconditionne le matériel médical — Photo : Libel Up

Fondée en 2022 par l’incubateur et l’accélérateur lillois Eurasanté, la start-up Libel’Up amorce un virage important de son business model. Initialement prévue pour tester l’idée d’un recyclage de matériel médical, elle prend finalement son envol face au succès rencontré. "Eurasanté l’avait créée sous forme expérimentale pour vérifier la pertinence du réemploi du matériel médical, rappelle Quentin Brassart, le dirigeant, qui a repris le projet en février 2024. Mon rôle est de la faire désormais passer à une entreprise indépendante."

Essaimer dans d’autres régions

Pour ce faire, il développe l’axe commercial. Car jusqu’ici Eurasanté, en tant qu’incubateur, ne pouvait pas revendre le matériel remis en état. Ce dernier était donc offert aux personnes dans le besoin. "Aujourd’hui, nous avons deux axes de distribution. Nous offrons une partie du matériel remis en état à des fonds de solidarité composés par des mutuelles, des fondations privées, des collectivités ou encore la Caisse primaire d’assurance maladie. L’autre volet concerne l’offre commerciale qui est dédiée aux loueurs de matériel et aux établissements de santé", précise Quentin Brassart.

Les projets fusent aujourd’hui. "Nous allons solliciter des fonds régionaux et lever des fonds pour consolider l’activité. Nous envisageons d’ores et déjà de dupliquer le modèle dans d’autres régions", explique Quentin Brassart.

Reconditionner au lieu de jeter

Les équipements remis en état sont vendus 40 % moins cher par rapport au neuf — Photo : Libel'Up

Les matériaux traités correspondent au matériel dit "d’aide technique". "Il peut s’agir d’équipements de mobilité qui servent à compenser un handicap ou des équipements d’hygiène et de toilette ou encore d’aide au maintien à domicile comme un lit médical", précise le dirigeant. Les appareils sont récupérés via des points de collecte et proviennent des particuliers, des établissements de santé ou de professionnels du médico-social. Il n’y a aujourd’hui pas de filière de récupération de ces derniers.

"Avant Libel’Up, une partie des équipements partait en mission humanitaire mais la majeure partie partait en déchetterie alors que le matériel était en très bon état, regrette Quentin Brassart.

"Avant Libel’Up, une partie des équipements partait en mission humanitaire mais la majeure partie partait en déchetterie alors que le matériel était en très bon état, regrette Quentin Brassart. Il s’agit en général d’équipements utilisés quelques semaines voire quelques mois, dont 30 à 40 % d’entre eux sont encore en très bon état." Il avance les chiffres suivants : 60 000 tonnes d’aides techniques sont jetées chaque année en France. Pour la région Hauts-de-France, 2 millions d’équipements sont jetés tous les ans.

Diminuer l’empreinte carbone

Face à un tel gisement potentiel, l’entreprise décide de déménager à Armentières (Nord) pour disposer d’une surface de stockage plus grande. Sur ses 450 m2 d’entreposage, Libel’Up dispose de 300 équipements en attente de traitement et de 150 prêts à la vente. Le matériel est vendu 40 % moins cher par rapport au neuf et a une empreinte carbone moindre. "Nous estimons la part de CO2 économisée à 97 % pour chaque fauteuil roulant remis en état", illustre l’entrepreneur.

Pour l’heure, les particuliers ne sont pas la cible car le matériel d’occasion n’est pas remboursé par la sécurité sociale. Quentin Brassart espère que des choix politiques opéreront un changement.

Il ambitionne la création d’ici les trois années à venir, de 25 emplois directs, en plus des 5 actuels et ambitionne un chiffre d’affaires entre 2 et 4 millions d’euros.

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