La start-up industrielle ExoCell mise sur les services pour quintupler son activité d’ici 2030
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La start-up industrielle ExoCell mise sur les services pour quintupler son activité d’ici 2030

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La start-up industrielle nordiste ExoCell ambitionne de quintupler son chiffre d’affaires d’ici 2030, en misant sur la location de ses équipements modulaires de traitement des eaux industrielles. Actuellement positionnée sur la vente, la start-up investira un million d’euros par an pour développer son parc locatif, avec le soutien de l’ETI industrielle Armor Group.

Une vue du bureau d’études d’ExoCell, qui conçoit et fabrique des équipements de traitement et recyclage de l’eau — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Basée à Lallaing, près de Douai (Nord), ExoCell se présente comme une start-up industrielle, l’entreprise conçoit et fabrique des équipements dédiés au traitement et au recyclage des eaux usées industrielles. Elle ambitionne de quintupler son chiffre d’affaires à l’horizon 2030.

Une bascule vers les services

Fabriquée à 100 % en France, l’offre d’ExoCell se démarque par un système modulaire, soit des équipements de traitements de l’eau proposés dans des conteneurs. "Les besoins des industriels peuvent varier au cours du temps et plutôt que d’être propriétaire d’un système figé, ExoCell leur propose la location de modules qui s’adaptent à leurs volumes", explique Stanislas Michaux, cofondateur et directeur opérationnel.

ExoCell, qui cible les PME et ETI Industrielles, emploie 13 salariés et génère pour l’heure un chiffre d’affaires d’un million d’euros, issu à 90 % de la vente et à 10 % de la location de modules. L’ambition à cinq ans est d’atteindre les 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec près de 30 salariés. L’activité à cet horizon devra se composer d’un tiers de ventes de modules et de deux tiers de locations.

Stanislas Michaux, cofondateur et directeur opérationnel d’ExoCell — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Le plan d’investissements

Pour basculer d’une activité essentiellement industrielle vers une activité de services, ExoCell compte investir près d’un million d’euros par an, afin de constituer son parc de locatif de modules. "Un million d’euros, cela représente près de 8 conteneurs équipés et prêts à l’emploi", précise le dirigeant. Chaque module est capable de traiter jusqu’à 500 mètres cubes d’eau par jour, soit l’équivalent de la consommation en eau de 3 500 habitants en France, précise de son côté Matthieu Georgel, cofondateur et directeur technique.

Une vue d’un conteneur équipé pour le traitement des eaux, proposé par ExoCell aux industriels — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Cet effort sera dans un premier temps soutenu par l’ETI industrielle Armor Group, basée à Nantes et entrée au capital d’ExoCell courant 2024 en tant "qu’actionnaire minoritaire significatif, indique Stanislas Michaux. ExoCell n’a pas d’actionnaire majoritaire. Les décisions stratégiques sont prises par un comité, qui se réunit tous les trois ou quatre mois. Il est composé de cinq personnes ayant chacun une voix : "moi-même, Matthieu Georgel, un représentant d’Armor Group, un représentant des salariés et un représentant des associés minoritaires".

Les prochains relais de croissance

Exocell compte par la suite autofinancer une partie de son parc de modules, grâce aux revenus générés par les premières locations. L’activité sera portée ces prochaines années par le réchauffement climatique et la législation liée à l’eau. "En cas de pénurie d’eau, les industriels ne sont pas prioritaires et doivent réduire leur consommation de 20 %. Cela passe soit par une baisse de la production, soit par le recyclage de l’eau : en général, le choix entre les deux est rapidement fait", souligne Stanislas Michaux.

"En cas de pénurie d’eau, les industriels ne sont pas prioritaires et doivent réduire leur consommation de 20 %."

L’entreprise, qui travaille essentiellement avec l’industrie agroalimentaire, compte par ailleurs élargir sa clientèle, en se renforçant dans le textile, le bâtiment ou en se lançant sur le marché des campings et des "resort", autrement dit des complexes hôteliers de vacances. Pour les séduire, ExoCell possède une belle carte de visite, grâce au système de traitement de l’eau qu’elle a mis en place pour la plateforme de lancement de la fusée Ariane 6, en partenariat avec Eiffage. C’est d’ailleurs avec ce type de partenariats qu’ExoCell pourrait se déployer à l’international, sachant que la France représente pour le moment 95 % de son activité.

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