Réduire l’empreinte environnementale des matières plastiques. C’est l’ambition de la plateforme de recherche et d’innovation FluSCritEx, inaugurée le 27 novembre dernier en présence du président de l’Université Jean Monnet (UJM) à Saint-Etienne et de Catherine Staron, vice-présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, déléguée aux lycées, à l’enseignement supérieur, à la recherche et à l’innovation.
Dépolluer pour mieux recycler les matières plastiques
Cette infrastructure de recherche et d’innovation exploite un procédé qui combine extrusion et fluides supercritiques, en particulier le CO2, pour relever les enjeux sociétaux et environnementaux liés à la réduction de l’impact des matières plastiques. Elle va notamment permettre d’atteindre une dépollution totale des matières plastiques, inaccessible avec les techniques en continu actuelles, de rendre l’usage des matériaux polymères plus sûrs et donc d’accroître leurs possibilités de recyclage ou encore de développer des matériaux à hautes performances pour les marchés du bâtiment, du transport ou de l’énergie.
"On jette les plastiques dans les poubelles jaunes, mais moins de 10 % font l’objet d’un recyclage. L’enjeu est d’améliorer la capacité à recycler les polymères"
"C’est une plateforme qui va permettre de transférer un savoir-faire unique au sein d’un laboratoire de l’Université et du CNRS aux entreprises de la plasturgie qui sont très nombreuses dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. On jette les plastiques dans les poubelles jaunes mais il faut savoir que moins de 10 % font l’objet d’un recyclage. L’enjeu est donc majeur et cette plateforme va permettre d’améliorer la capacité à recycler les polymères", explique le président de l’UJM Florent Pigeon.
Un million d’euros d’investissement
Implanté dans le bâtiment des Forges sur le site Manufacture de l’Université Jean Monnet à Saint-Etienne, FluSCritEx a mobilisé plus d’un million d’euros d’investissement dont 500 000 euros apportés par la Région dans le cadre de son soutien à la filière des matériaux durables, une des grandes filières d’excellence régionale.
Le modèle économique de FluScritEx repose sur la vente de diverses prestations de R & D et de brevets, issus de cette technologie, auprès d’entreprises de toutes tailles, "de la PME locale au grand groupe international en passant par l’ETI et la start-up", précise Yvan Chalamet, le directeur de plateforme. La plateforme proposera aussi son savoir-faire et ses compétences au service des laboratoires de recherche et des centres techniques. "Nous travaillons d’ailleurs avec le Centre Technique du Caoutchouc sur la régénération des pneumatiques pour en refaire d’autres ou pour les réorienter vers d’autres produits", confie Yvan Chalamet.
Des projets partenariaux
FluSCritEx intervient aussi dans le cadre de projets structurants pour la compétitivité (PSPC) régionalisés comme REMACO (développement de produits en matières recyclées à base de polyoléfine), POPEX (développer, fabriquer et commercialiser de nouveaux emballages souples et rigides) ou encore RRR (Solutions innovantes pour l’amélioration de la recyclabilité, le recyclage et la réincorporation des matériaux) de l’Ademe.
FluSCritEx est également présente dans divers projets académiques dont ceux développés dans le cadre du programme et équipements prioritaires de recherche (PEPR) "Recyclage, Recyclabilité et Réutilisation des matières" portés par le CNRS.