Après 10 ans de recherches, la start-up paloise Biomim’gel entre en phase de commercialisation. Sa technologie brevetée permet d’encapsuler des principes actifs, hydrophobes ou hydrophiles, et/ou de stabiliser des émulsions huile-eau dans des microgels biodégradables.
Moins d’ingrédients et d’empreinte environnementale
“Nous sommes sur une technologie de rupture qui va permettre aux fabricants de produits cosmétiques de réduire au moins par deux le nombre d’ingrédients que ce soit des co-solvants organiques ou des tensioactifs. Leur utilisation dans les formulations permettra d’alléger l’empreinte environnementale des produits de nos clients", explique Pierre Marcasuzaa, CEO, qui codirige l’entreprise avec Laurent Billon, directeur scientifique.
Destinés initialement à la cosmétique, les microgels développés par Biomim’Gel trouvent d’autres champs d’application notamment le traitement des cultures agricoles, le biocontrôle et le secteur médical. "Un microgel est une micro éponge de moins d’un micromètre de diamètre qui a la capacité de piéger les actifs dans sa structure et qui contrôle leur libération par application d’un stimulus (pH, température, salinité…)", précise Pierre Marcasuzaa.
Un développement en trois phases
Dans son business plan, Biomim’Gel prévoit un développement en trois phases. "La première étape, qui va durer entre 18 et 24 mois, comprendra la prospection de clients et la réalisation de tests pour concevoir avec nos clients leur future formulation en intégrant notre produit." La deuxième étape prévue d’ici fin 2026 sera dédiée à une production semi-industrielle, qui pourrait s’accompagner d’une première levée de fonds. "L’objectif est de pouvoir produire la matière de façon semi-industrielle d’ici 2027." Enfin, la troisième étape consistera à créer une usine de production à grande échelle à l’horizon 2030.
La start-up Biomim’gel est accompagnée depuis ses débuts par de nombreux acteurs locaux. Hébergée à l’Iprem - un laboratoire de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour et du CNRS - elle a été incubée 18 mois au sein de Chrysa-link, un incubateur néoaquitain, et a intégré Greenov, une pépinière de la technopole Hélioparc à Pau. Aujourd’hui, elle envisage de nouveaux locaux au cœur de la plateforme technologique Chemstart’Up à Lacq, où elle pourrait attaquer sa production semi-industrielle.