Mov'eo poursuit son développement avec la signature de nouveaux partenariats... Oui, nous venons de signer un partenariat avec Aref industrie, société de Haute-Savoie spécialisée dans le décolletage et la mécatronique. Nous avons aussi mis en place un accord avec UBI France, pour faciliter l'accès de nos membres à l'international, et avec l'Institut national de la propriété intellectuelle afin d'inciter les entreprises à se protéger. C'est notre vocation d'oeuvrer à une plus grande efficacité des acteurs de cette filière: Mov'eo est un instrument de rassemblement géographique pour la Normandie et l'Ile de France. Un lieu de rencontre entre constructeurs, équipementiers, laboratoires privés, écoles d'ingénieurs et PME. Le but: sélectionner des thématiques de recherche qui ont une chance de se transformer en innovation. Et depuis juin 2006, ce sont 80 projets, tous collaboratifs, qui ont été labélissés pour près de 400 M€ et financés par l'Etat et les régions.
Le moteur à combustion, toujours d'actualité ? Il y a trois grands sujets qui nous préoccupent chez Mov'eo: le moteur à combustion interne, l'électrification du véhicule et la mobilité de demain. Alors oui, le moteur à combustion interne et sa décarbonisation reste d'actualité. C'est un moteur qui va continuer d'assurer 80% des ventes mais il faut des améliorations. On peut imaginer, pourquoi pas, revenir à une voiture traditionnelle qui consommerait en moyenne 2l/100km! Bien sûr, aujourd'hui, l'électrification du véhicule est un enjeu. Et il faut se dépêcher de faire de la recherche fondamentale et appliquée, notamment autour des systèmes de stockage des batteries et de la mécatronique.
Mais l'électricité pose des problèmes de production...
Une chose est sûre, dans les 30 ou 40 ans, la ressource pétrole sera rare est chère. Si l'on accepte ce principe, on peut admettre aussi que les gens vont continuer à se déplacer car l'humain est un être en mouvement. De plus, l'économie a besoin de mouvement. Pouvoir se déplacer est un acte social, rencontrer quelqu'un, c'est, par exemple, la chance de trouver un emploi. Donc, autant avoir des véhicules qui consomment peu, et de l'électricité. Pour cela, il faut que la recharge électrique se fasse en heures creuses et sur la base d'un parc à énergie propre renouvelable, à base d'éolien et de nucléaire. Bien sûr, le développement d'un réseau électrique prendra du temps. Mais il faut se dépêcher de trouver des solutions car, toutes les études prouvent que les être humains vont poursuivre leurs développements et que beaucoup vont accéder à un véhicule: le parc automobile mondial devrait doubler dans les dix ans pour passer à 1,5 milliards de véhicules!
Comment envisagez-vous la mobilité de demain ?
Quand on parle de nouvelle mobilité, cela ne veut pas dire qu'il faut mettre des voitures partout. Dans les zones urbaines denses, il faut favoriser les transports en commun. Dans l'avenir, les TIC devront permettre de jongler entre les différents moyens de transports. Le développement des capacités des téléphones portables pourra aider ce mouvement. Dans ce cadre, Mov'eo prône le développement d'expériences géographiques. L'industrie automobile est à un tournant. C'est une révolution, même si j'ai mis longtemps à le croire. Dans les trente ans, tout va changer, y compris la façon de se servir des véhicules. Il faut tenter d'expliquer aux gens qu'ils devront, dans leurs déplacements, trouver la bonne formule pour limiter leur empreinte écologique. L'enjeu c'est de dire: remettez-vous en question!
Président du pôle de compétitivité Mov'eo, Luc-Alexandre Ménard se projete sur le véhicule de demain: avec un moteur à combustion toujours d'actualité mais aussi l'arrivée nécessaire de l'électrification des véhicules.