La manufacture fondée en 1887 et classée "Entreprise du patrimoine vivant" est régulièrement sollicitée par des décorateurs en vue de redesigner des hôtels complets, à Paris, Cannes, en Suisse ou en Allemagne. Cette fois, c’est son siège de Baudignécourt, dans la Meuse, que le fabricant de mobilier haut de gamme Collinet s’applique à rénover depuis un an et demi. En ce début d’été, l’entreprise de 100 salariés pour un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros en 2024, achève le réaménagement de ses bureaux meusiens et de leur show-room. Au total, 1,6 million d’euros auront été dépensés en 2024-2025 pour parachever ce projet, construire un bâtiment de stockage des produits finis, acquérir un nouveau tour à commande numérique à six axes, mettre aux normes les systèmes d’aspiration et acheter une nouvelle chaudière biomasse.
Mobilier des suites du Negresco à Nice, de l’hôtel Rochester Champs-Élysées
Les tapissiers, tourneurs et menuisiers ont produit dernièrement dans les ateliers Collinet du mobilier pour des suites du Negresco à Nice, un des hôtels les plus célèbres de la Côte d’Azur. Ils se sont affairés sur celui de l’hôtel Rochester Champs-Élysées, une des meilleures adresses de la capitale. Les carnets de commandes pour l’hôtellerie sont garnis de 200 affaires en cours, pour des budgets allant de 500 euros à 300 000 euros. "Notre point fort, c’est le marketing et la création. On développe sans cesse de nouveaux produits, tout en élargissant notre savoir-faire initialement focalisé sur les sièges de style, aux tables de chevet, bureaux, têtes de lit, etc.", détaille Stéphane Davoli, le directeur général de Collinet.
Dans ce bassin d’emploi rural, aux confins de la Meuse, des Vosges et de la Haute-Marne, ce fournisseur privilégié des décorateurs d’intérieurs et du groupe d’immobilier haut de gamme Roche Bobois (15 % du chiffre d’affaires) peut se targuer d’avoir résisté à la délocalisation massive de la production de meubles de grande consommation dans les années 1970.
Atelier de tapisserie délocalisé à Toul
Mais l’entreprise dirigée par la cinquième génération de dirigeants familiaux – Stéphane Davoli, son épouse Sylvie Collinet et les sœurs de cette dernière Ophélie et Virginie Collinet – doit faire face à un autre défi, celui du recrutement. Juste avant la pandémie de Covid, la société a ouvert un atelier de tapisserie à Toul (Meurthe-et-Moselle), à 35 kilomètres de Nancy, une réponse aux difficultés à attirer de jeunes talents, des difficultés accrues par la situation géographique de la manufacture, en zone rurale. Pour se donner encore davantage de chance d’embaucher, Stéphane Davoli travaille à développer la formation : Il a pris cette année la présidence du pôle de formation de l’ameublement de Liffol-le-Grand – l’Afpia Nord-est – qui qualifie des tapissiers, mais aussi des créateurs, restaurateurs de meubles ou encore des prototypistes.