Fabricant de bracelets de montre et de maroquinerie sur-mesure, le franc-comtois Maison Jean Rousseau (CA consolidé : 20 millions d’euros ; 400 collaborateurs) était en recherche d’un troisième site de production "depuis début 2017, pour répondre à la demande de notre clientèle", lance Jacques Bordier, président du conseil de surveillance de l’entreprise.
L’entreprise a passé le cap en juillet 2023, en créant sa Manufacture de l’Aube, employant une trentaine de salariés sur un site provisoire, sur le parc du Grand Troyes, à Sainte-Savine, dans l’Aube. La Manufacture de l’Aube, filiale de Maison Jean Rousseau, s’apprête à franchir une nouvelle étape en s’installant sur un site définitif contigu au provisoire. L’entreprise s’installera alors début 2026 sur une construction de 2 200 m², avec une possibilité d’extension de 500 m².
Jusqu'à 200 salariés
Il s’agit du troisième site de production de Maison Jean Rousseau, qui en compte déjà un premier en Franche-Comté, et un second en Hongrie. "L’achat de machines pour le site de Troyes représente plusieurs centaines de milliers d’euros, mais la partie la plus importante reste la main-d’œuvre", décrit Jacques Bordier. Le site devrait employer près de 200 salariés, d’ici cinq ans.
"Nous avons été très bien accueillis par les acteurs du secteur, notamment Troyes Champagne Métropole et Business Sud Champagne. L’idée était aussi de s’éloigner de la Suisse, qui est une puissance aspirante pour notre main-d’œuvre à Besançon", poursuit le dirigeant. Pour recruter, la Manufacture de l’Aube s’est appuyée sur l’aide de France Travail.
Accompagner un développement des ventes à l’international
"Sur notre chiffre d’affaires consolidé, près de 97 % de notre activité est faite à destination de l’export. Notre marché, c’est le monde", appuie Jacques Bordier. La Manufacture Jean Rousseau possède des filiales commerciales au Japon, en Chine, en Angleterre et aux États-Unis. Dans ces dernières, l’entreprise commercialise sa propre production en provenance de ses trois sites, mais fabrique aussi sur place. "Au total, nous avons une cinquantaine d’artisans à l’œuvre dans nos filiales. La plus importante et la plus performante est celle aux États-Unis", ajoute Jacques Bordier. La présence d’une production à l’étranger permet à l’entreprise de "s’affranchir des contraintes douanières", notamment dans le cas des États-Unis.
À l’inverse, avec le démarrage de son site définitif aubois, l’entreprise devrait augmenter la part de son chiffre d’affaires réalisé en France. " Nous faisons de la sous-traitance pour une grande maison de maroquinerie française", dévoile Jacques Bordier. Le site sera également dédié à la production de maroquinerie pour sa propre marque et pour d’autres maisons.