La filière nautique ne semble pas subir les vents contraires soufflés par l’inflation et l’instabilité politique et géopolitique. Au contraire, elle enregistre une croissance importante ces dix dernières années. C’est ce que révèle la dernière étude menée par la Région Bretagne et Bretagne Développement Innovation (BDI) en partenariat avec de nombreux partenaires dont l’Association des Ports de Plaisance de Bretagne (APPB), l’association Nautisme en Bretagne, la Fédération des Industries Nautiques, Bretagne Sailing Valley ou encore Tourisme Bretagne.
Un quart de l’activité nautique française
"La Bretagne représente aujourd’hui un quart de l’activité nautique française, en termes de chiffre d’affaires, en nombre d’entreprises et en immatriculations de bateaux", souligne Anne Gallo-Kerleau, vice-présidente de la Région au tourisme, nautisme, patrimoine et canaux. En se basant sur la première étude du genre menée en 2015 par la Région, les nouveaux chiffres montrent une croissance de + 49 % du chiffre d’affaires global de la filière, qui atteint 1,57 milliard d’euros (5,9 Md€ en France). "Cela comprend quatre secteurs : les ports de plaisance, les commerces et services nautiques, les sports, et l’événementiel", précise l’élue. Le nombre d’emplois associés y culmine à près de 10 000 (9 973 exactement), soit + 41 % depuis 2015.
2 358 entreprises
Le nombre d’acteurs recensés est, lui, de 2 358 entreprises, ports ou prestataires d’activités en Bretagne (+ 20 %). Anne Gallo-Kerleau précise qu’il existe en Bretagne, en dehors des côtes, "une activité à l’intérieur des terres, sur les canaux notamment", qui participe au dynamisme de la filière. Celle-ci est en effet très diversifiée, et c’est ce qui explique en partie sa croissance. Elle rassemble des constructeurs, équipementiers, ports de plaisance, centres nautiques, écuries de course au large, etc. Les industries de la plaisance, les commerces et services associés représentent la majorité des entreprises qui travaillent dans le nautisme (1 458 entreprises, soit + 16 %). Plus d’un tiers d’entre elles intervient dans la réparation et la maintenance (503).
123 ports de plaisance
Pour accueillir ces activités, les ports de plaisance sont également de plus en plus sollicités. "Les listes d’attente restent importantes, mais nous ne créons pas de ports, nous les transformons", constate Michaël Quernez, président de l’APPB. Ainsi, les 123 ports de plaisance de la région proposent 55 000 places pour les bateaux. Le nombre d’immatriculations atteint, lui, 16 106 enregistrements en 2024. Le nautisme est en voie de démocratisation, comme le montre le nombre croissant d’événements organisés chaque année. La Région en recense désormais 881.