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La fermeture du site vosgien Asteelflash va entraîner la suppression de 96 emplois
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La fermeture du site vosgien Asteelflash va entraîner la suppression de 96 emplois

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Le sous-traitant électronique Asteelflash a annoncé le 12 juin dernier son intention de fermer son site de Cleurie (Vosges), synonyme de 96 suppressions d’emplois. Nicolas Denis, président du groupe français racheté en 2020 par le Taiwanais USI, justifie ce choix par des difficultés conjoncturelles.

Le sous-traitant électronique Asteelflash compte de 5 000 collaborateurs dans le monde et 850 en France — Photo : AsteelFlash

Après avoir atteint des niveaux d’activité records au lendemain de la pandémie de Covid, le sous-traitant électronique Asteelflash est rattrapé par la conjoncture dans l’Hexagone. Le groupe français de plus de 5 000 salariés, filiale du Taiwanais USI coté à la bourse de Shanghaï (Chine), a annoncé le 12 juin dernier son intention de fermer son site de Cleurie (Vosges). L’arrêt de l’usine fondée en 1979 sous le nom d’Enrulec (chiffre d’affaires non communiqué) serait synonyme de 96 suppressions d’emplois.

Six trimestres consécutifs de baisse d’activité

Nicolas Denis, président d’Asteelflash, explique que "depuis la fin de l’année 2023, Asteelflash France a enchaîné six trimestres consécutifs de diminution sensible de ses activités", un recul qui s’est traduit par une baisse du chiffre d’affaires de 24 % en 2024. Par ailleurs, le groupe anticipe une baisse de 7 % en 2025. Le dirigeant reconnaît que le chiffre d’affaires de l’entité française d’Asteelflash demeure encore supérieur à son niveau d’avant la crise sanitaire : autour de 150 à 200 millions d’euros par an. Mais, selon lui, les signaux ne sont pas encourageants. "Nous sommes en bout de chaîne et de ce fait, nous subissons les difficultés de nos clients. Certains sont contraints d’internaliser certaines productions pour maintenir leurs activités, d’autres sont sous le coup de procédures de redressement ou de liquidation judiciaire. Par ailleurs, nous gagnons peu de nouveaux clients. Ce n’est pas bon signe, sachant qu’il faut compter entre 12 et 18 mois entre le gain d’une affaire et le démarrage de la production", détaille-t-il.

Obligation de trouver un repreneur

Le groupe, dont 850 salariés sont basés en France, envisage de répartir la production de composant de Cleurie (dans les domaines du médical, de l’industrie et de la grande consommation) sur ses sites de Duttlenheim (Bas-Rhin) et Mercin-et-Vaux (Aisne). La fermeture du site vosgien pourrait intervenir au premier trimestre 2026. Mais avant de baisser le rideau de son usine, Asteelflash va devoir trouver un repreneur, une mesure issue de la loi Florange de 2014 qui s’impose aux sociétés de plus de 1 000 salariés souhaitant fermer un site industriel en France.

Les représentants des salariés ont appris le projet de fermeture lors d’un comité économique et social extraordinaire. "Nous ne nous attendions absolument pas à cette annonce, car notre site a retrouvé un bon niveau d’activité depuis le 1er avril dernier, après une période de six mois de chômage partiel", regrette Fabienne Laheurte, déléguée syndicale CFDT.

Cinq sites de sous-traitance électronique en France

Dans l’Hexagone, Asteelflash exploite cinq sites de sous-traitance électronique, à Cleurie, Duttlenheim, Mercin-et-Vaux, Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) et Langon (Ille-et-Vilaine). Il dispose également d’une filiale de mécatronique à Valframbert (Orne) et d’un site de recherche-et-développement à Meylan (Isère).

L’usine de Cleurie a été créée par l’ancien maire de la commune Michel Thouvenin. Elle avait été reprise dans les années 2000 par Asteelflash, lui-même entré dans le giron du groupe taïwanais USI (Universal scientific industrial) en 2020.

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