Les premiers jours de printemps 2025 nous l’avaient presque fait oublier, mais l’année précédente a été très pluvieuse. Mais le géant agricole Terrena n’a pas pris l’eau pour autant. "Les fortes perturbations climatiques deviennent une habitude", relativise Olivier Chaillou, président de Terrena. "Malgré la baisse du chiffre d’affaires sur les céréales, nous terminons sur un chiffre d’affaires 2024 en hausse, à 5,6 milliards d’euros (contre 5,5 Md€ en 2023, NDLR) grâce à nos acquisitions, notamment de Tipiak (7 usines, 1 300 salariés) et de Volatys dans le segment volaille", pointe Eric Forin. L’homme a pris l’année dernière la direction générale de la coopérative, qui compte maintenant 13 000 salariés. Avec le coût de ces acquisitions, le résultat net se trouve lui en légère baisse, à 29,6 millions d’euros, contre 31,4 millions d’euros en 2023.
Des investissements dans le stockage des céréales
Le groupe tablait initialement sur 154 millions d’euros d’investissement pour 2024. Seulement 113 auront finalement été injectés. "L’enveloppe 2025 est de 170 millions d’euros", note Eric Forin. Explication de cette hausse : des investissements conséquents à venir, notamment dans la rénovation des silos de céréales du groupe. Environ 23 millions d’euros y seront consacrés pour 2025. Déjà fin 2024, un chantier avait été lancé en Mayenne, pour 4,2 millions d’euros, sur ce segment. Au total, Terrena ambitionne d’atteindre les 400 000 tonnes de stockage d’ici 2030. Autre investissement au programme : la modernisation des bâtiments d’élevage de poules pondeuses pour environ 5 millions d’euros.
"Notre fonds d’investissement a vocation à aider les exploitants à financer de gros projets de modernisation"
Terrena veut également se montrer précurseur, comme avec sa filiale Inveja (3 sites de production, 50 salariés, 20 M€ de CA), dédiée notamment à la culture de lupin. Cette année, 3,5 millions d’euros seront dédiés à la reconstruction d’un des sites de la filiale. "Nous souhaitons structurer et développer la filière du lupin. Cette légumineuse se pose en alternative au soja importé. Le lupin se destine pour beaucoup aujourd’hui à la consommation animale, mais nous allons de plus en plus vers une consommation humaine", note le dirigeant.
Création d’un fonds d’investissement coopératif
La coopérative, qui affichait jusqu’à l’année dernière un pool de 19 000 agriculteurs adhérents, a revu ce chiffre à la baisse pour présenter 18 000 adhérents cette année. "La tendance est globale. Le nombre d’agriculteurs et d’exploitations est en baisse", note Eric Forin. Pour éviter que ce phénomène ne prenne trop d’ampleur, Terrena souhaite soutenir la transmission et l’installation de nouveaux exploitants. "Sur 2024, nous avons accompagné 200 exploitations, dont 140 projets portés par de jeunes adhérents", appuie Eric Forin.
La coopérative a également créé un fonds d’investissement coopératif, doté de 20 millions d’euros sur cinq ans. "Ce fonds a vocation à aider les exploitants à financer de gros projets de modernisation, supérieurs à un million d’euros. L’objectif est de rester minoritaire lors de l’opération", appuie le dirigeant. Au-delà des investissements et du soutien financier, il faudra surtout espérer pour les exploitants que les trois mois à venir offrent des conditions climatiques plus prospères qu’en 2024 pour les récoltes.