La Brigade de Véro (80 salariés) s'astreint à un régime de croissance régulier depuis sa création en 2017 : en progression d'au moins 50% par an, le fabricant de repas cuisinés a même doublé son chiffre d'affaires en 2024, passant de 8,7 à 16,4 millions d'euros. Sur le prochain exercice, il vise à nouveau une progression d'environ 50 %, avec une projection à 22 ou 23 millions d'euros. Fait notable, La Brigade de Véro dégage pour la première fois un résultat net, chiffré à un million d'euros. "C'est rare dans les repas à domicile où, faute d'avoir trouvé leur business model, beaucoup d'acteurs sont rachetés (allusion à Seazon et Frichti, repris respectivement par Sodexo et La Belle Vie, NDLR). Nous avons fait le pari d'une offre qualitative, à base de produits frais, en excluant les plats appertisés, quitte à être plus chers (de 120 à 150 euros la semaine, NDLR)", commente Romain Roques, directeur général de La Brigade de Véro.
Un site optimisé régulièrement
Ce bond de l'activité a poussé La Brigade de Véro à atteindre une fabrication de 70 000 barquettes par semaine. Pour cela, la PME, née à Alès (Gard), s'appuie sur une usine de 2 500 m2 qu'elle a construite à Montpellier en 2021 en investissant 2 millions d'euros. L'optimisation régulière du site, doté de 2 lignes de production, a mobilisé un total d'un million de plus depuis cette date.
En 2025, La Brigade de Véro prévoit de dépenser 400 000 euros dans l'achat de divers équipements, comme des fours d'une capacité de 120 à 250 kilos et des marmites de 150 litres utilisés pour les plus gros plats en zone de préparation.
"La place encore disponible dans l'usine nous permettra, à l'avenir, d'installer une troisième ligne de production, pour atteindre une capacité de 150 000 barquettes par semaine", évalue Romain Roques. Ce dernier rajoute que sur le plan des effectifs, la PME est passée de 50 à 80 salariés l'an passé, et vise le seuil des 100 salariés en 2025.
Une percée dans l'alimentation santé
La Brigade de Véro propose 28 références de plats chaque semaine, soit 9 menus différents. Depuis l'origine, elle fait le pari d'une offre saine (80 à 90 % des ingrédients sont frais), conçue par les fondateurs, Véronique de Bodt et Arthur Capon, et ses deux diététiciens. D'abord tournée vers la perte de poids, cette offre s'élargit désormais à d'autres problématiques de santé : en proposant des plats enrichis en fibres, l'entreprise veut toucher par exemple les personnes souffrant de problèmes de transit.
"Nous venons de signer un partenariat avec une start-up experte dans la nutrition ultra spécialisée. Sur la base d'un bilan sanguin et urinaire, elle peut analyser 18 biomarqueurs pour constituer le menu le plus adapté à un client. Quatre mois plus tard, un deuxième bilan permettra d'en mesurer les bénéfices", annonce le dirigeant.
Une forte présence digitale
Un dernier levier de croissance pour l'entreprise réside dans l'engagement de sa communauté, très active sur Facebook : sur ses 40 000 clients, plus de 500 notent régulièrement les plats. A la différence de son concurrent Comme J'aime, qui mise à fond sur la publicité télé, La Brigade de Véro continuera à privilégier les canaux digitaux pour booster son développement à l'étranger, notamment en Belgique, qui représente à date 5 % de l'activité.
Il est vrai que l'étude de son impact sur les réseaux sociaux réserve des surprises. "Notre cible, qui se situait dans les 35-45 ans à l'origine, s'est élargie aux 25-70 ans. Nous touchons beaucoup de jeunes sur Twitch (réseau social favori des gamers, NDLR), qui représente à lui seul un taux de 10 % dans notre acquisition clients !", sourit Romain Roques.