La brasserie Lancelot, entité du groupe Agrial, muscle ses capacités de production dans le Morbihan
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La brasserie Lancelot, entité du groupe Agrial, muscle ses capacités de production dans le Morbihan

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Composante du groupe normand Agrial, la Brasserie Lancelot renforce son outil de production. Ses capacités sont augmentées de 40 % afin de répondre à la demande. Un investissement global de six millions d’euros est fléché sur le site du Roc-Saint-André (Morbihan). La PME a aussi recruté de nouveaux collaborateurs pour accompagner sa croissance sur les bières et les boissons sans alcool.

Simon Joly et Yoann Emery sont les nouveaux dirigeants de la Brasserie Lancelot — Photo : Ségolène Mahias

Basée près de Ploërmel, au Roc Saint-André, la Brasserie Lancelot boucle un plan d’investissement de 6 millions. Composante de la coopérative agroalimentaire normande Agrial (12 500 adhérents, 22 000 collaborateurs et 7,4 Md€ de CA en 2023), la brasserie morbihannaise augmente ses capacités de 40 %. "Nous passons d’un outil permettant la production de 70 000 à 75 000 hectolitres à 130 000 hectolitres", résume Simon Joly, directeur des opérations et co-dirigeant de la brasserie.

Les investissements ont été fléchés vers la salle de brassage qui a été dédoublée. Les moyens de stockage en cuverie ont aussi été augmentés.

Aujourd’hui, la quinzaine de références de bières produites par la Brasserie Lancelot est vendue à 65 % en CHR et 35 % en GMS. "C’est très différenciant des autres brasseries de notre taille où les proportions sont souvent inversées. C’est lié à l’histoire de la brasserie qui a 35 ans", détaille Yoann Emery, directeur commercial et co-dirigeant de la PME avec Simon Joly.

Les softs maison pétillent

La Brasserie Lancelot, ce sont des bières bien sûr mais aussi des boissons sans alcool dites softs (Cola, limonades…) fabriqués sur un autre site d’Agrial, à Domagné (Ille-et-Vilaine). Or, ce marché-là, dans des proportions plus importantes que la bière connaît une baisse. "Le marché des softs recule de 4,5 % quand nous sommes sur une progression de 5 %. Nous n’avions pas vu cela depuis 10 ans sur notre produit phare qu’est le Breizh Cola", dévoile Yoann Emery.

Les explications sont multiples : un gain croissant de parts de marché pour des produits régionaux et, plus spécialement bretons, et aussi des innovations. La marque a imaginé un Breizh Cola cerise qui fait un tabac. "Il représentait 4 % de nos volumes, à sa sortie, en juin 2024, quand il atteint quasi 7 % aujourd’hui.", ajoute le directeur commercial. L’entreprise entend surfer sur la vague et sort donc son cola cerise, en pack de 6 X 33 cl, en plus de son contenant en 1,5 litre.

Des résultats en croissance

Cette montée en puissance de l’outil va permettre à l’entreprise de répondre à des demandes croissantes sur l’ensemble de ces produits en Bretagne et hors Bretagne. "Nous avions des marchés bretons, des marchés à Paris où vivent beaucoup de Bretons et désormais des non Bretons", s’amusent à résumer les deux dirigeants.

Ce cocktail d’augmentations des capacités de production et d’une offre élargie se traduit sur les résultats 2024. Le chiffre d’affaires est en augmentation de 15 %. Il s’établit à 18 millions d’euros pour 76 500 hectolitres de bières auxquels s’ajoutent près de 13 millions d’euros pour 140 000 hectolitres de soft.

Des effectifs en progression de 30 %

Ces résultats se traduisent aussi en termes de recrutements. Avec 75 personnes évoluant sur le site morbihannais, la PME a vu ses effectifs croître de 30 % sur des fonctions liées à l’événementiel où la brasserie est très présente mais aussi en marketing et en production. L’équipe dirigeante a également été remodelée puisque Yoann Emery, directeur commercial assure désormais la co-direction avec Simon Joly, nouveau directeur des opérations. "C’est un choix fort du groupe Agrial qui permet d’avoir une autonomie dans le fonctionnement quotidien et où nous gagnons en réactivité."

Achats locaux et réemploi du verre

La Brasserie Lancelot décline, en parallèle, un important engagement sur le volet de la RSE. "À l’instar du groupe Agrial, engagé dans la réduction de 50 % de ses émissions de C02 d’ici à 2035, nous partageons cet élan. Nos transporteurs et nos logisticiens sont implantés sur le territoire. Idem sur le volet de nos outils numériques : notre CRM est conçu par une entreprise lorientaise par exemple", détaille Simon Joly. C’est aussi et surtout sur le volet de ses approvisionnements que la Brasserie Lancelot se distingue : 25 % du malt qu’elle utilise provient de la filière "de la terre à la bière" dont elle est partie prenante, avec plusieurs acteurs locaux depuis 2006. Le sarrasin et le miel qu’elle utilise dans certaines recettes de bière sont aussi produits à proximité.

Elle a, par ailleurs, renforcé son engagement concernant le réemploi. Membre de Distro, la coopérative bretonne de réemploi des bouteilles, elle est mobilisée sur la réutilisation des bouteilles en verre de 75 cl.

Elle mène le même cheminement avec Citeo, l’entreprise à mission, qui mène une expérimentation de consignes de bouteilles sur le quatre Nord-Ouest de la France ; cette fois sur des bouteilles d’un litre.

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