« Le rôle d'un chef d'entreprise est de préparer l'avenir », sourit Serge Kergoat, qui a racheté Krampouz (65 salariés, 14M? de CA) en 2006. C'est dans cette optique qu'il a choisi de réaménager le capital de son entreprise qui, depuis Quimper, est présente dans 150 pays et réalise un tiers de son chiffre à l'export. « J'ai fait rentrer des investisseurs, mais je reste au capital de manière minoriatire », précise le P-dg.
Impliquer le comité de direction pour assurer la continuité
Une réorganisation de taille,qui se traduit notamment par la sortie de CM-CIC Capital Finance, - qui l'avait accompagné lors de la reprise -, et l'entrée de Cerea Capital II, le nouveau fonds de Cerea (filiale d'Unigrain) accompagné par Unexo (groupe Crédit Agricole). Mais Serge Kergoat a également souhaité associé les forces vives de l'entreprise à ce réaménagement de capital, en y intégrant les cinq membres du comité de direction de Krampouz. « C'était très important d'assurer la continuité de l'équipe de management et de l'impliquer dans l'opération », indique ainsi le P-dg, qui estime qu'une entreprise « ne vaut pas grand chose sans son équipe : j'ai voulu faire en sorte que mes collaborateurs, qui sont là depuis des années, continuent à accompagner le développement de Krampouz ».
Nouvelle force de vente couvrant toute la France
« Nous avons une vision très claire de notre stratégie et de notre plan de développement produits », confie celui qui vise un CA de 20M? d'ici 2018. « Nous allons sortir prochainement de nouveaux designs en collaboration avec des designers extérieurs », indique celui qui, à demi-mots, laisse aussi entendre l'arrivée de nouveaux produits. « Une chose est sûre: ils sortiront d'ici cinq ans! », élude le P-dg qui mise de longue date sur des produits à forte valeur ajoutée et ne cache pas le succès de sa gamme de planchas, lancée en mars et qui « marche très, très bien ». Car il est bien loin, le temps où Krampouz ne produisait que des crêpières. Si le fameux "Billig", cette crêpière bretonne, reste un produit phare de la marque, l'enterpise quimpéroise s'est aussi lancée sur le secteur des planchas, donc, mais aussi des gaufriers, contact-gril et autres bains-marie, et ce à 60% à destination des professionnels. « Nous sommes actuellement en train de constituer une force de vente capable de couvrir l'intégralité du territoire français avec pour objectif de recruter six chefs de secteurs », poursuit celui qui, jusqu'à présent, ne disposait que d'un commercial sur tout le Grand Ouest. À cette équipe s'ajouteront, dans les 24 mois, deux commerciaux dédiés à l'export. « On peut considérer qu'on est sur une moyenne de 5 à 10 recrutements par an, et ça va continuer », prédit Serge Kergoat qui, en parallèle, investi chaque année une moyenne d'un million d'euros dans l'outil de production.
« Produire ici est fondamental! »
Un outil de production qui restera implanté à Pluguffan et qui revendique une fabrication 100% française. « C'est fondamental pour maîtriser la qualité de nos produits ! », assure le P-dg, qui revendique son positionnement géographique : « ça aurait pu être un handicap si on avait fabriqué du bas de gamme, mais personnelement, je crois à la compétitivité hors-coput et je me bats sur un argument essentiel : la qualité de nos produits. Je ne suis pas le moins cher, loin de là, mais notre degré de profitabilité nous permet d'être très bien ici et on y restera le plus lon,gtemps possible! Fabriquer à l'étranger est extrêmement compliqué, et risqué! Faire des acquisitions peut parfois être intéressant, mais nous ne le ferons qu'en fonction d'opprtunités qui auront du sens en terme de complémentarité ».
Passer le pas de la robotisation?
Son secret pour avoir réussi à transformer cette entreprise qui, il y a dix ans, n'employait que 38 salariés pour un CA de 5,7M?? « On a bien travaillé », glisse-t-il dans un sourire. « Nous avons respecté les fondamentaux de l'entreprise qui était déjà positionnée sur des marchés de niche mondiaux et à forte valeur ajoutée. J'aurais pu faire le choix de dégrader la qualité et de vendre moins cher, mais j'ai préféré creuser le sillon existant et développer nos gammes sur des terrutoires où on vendait, tout en développant l'international. Je me suis aussi appuyé sur le savoir-faire existant pour développer de nouveaux produits comme les planchas », poursuit celui dont le service R&D emploie sept personnes. « Nous avons une vision très claire de qui nous sommmes, de nos moyens, de ce que l'on veut en faire et de là où on veut aller », résume Serge Kergoat, qui investit chaque année une moyenne d'un million d'euros sur son site de 5.700m² couverts et étudie de près le principe de robotiser certaines opérations de production. « Si nous franchissons le cap, ce sera un investissemnt à 600.000? », conclut-il.
Jean-Marc Le Droff
Krampouz
(Pluguffan) 65 salariés 14 millions d'euros de CA 02 98 52 92 92