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Kinoak investit dans la relance du bio
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Kinoak investit dans la relance du bio

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Le groupe agroalimentaire lot-et-garonnais Kinoak profite du redémarrage de la filière bio. Il a levé 1,25 million d’euros auprès de deux actionnaires historiques et d’un fonds à impact. Il va notamment créer un nouveau pôle végétal en regroupant deux activités. Pilotant sa stratégie autour d’une dimension RSE ambitieuse, il porte de grandes ambitions sur le développement du bio.

Kinoak a rassemblé l’activité de deux de ses sociétés dans un bâtiment de 2 000 m2 à Damazan (Lot-et-Garonne) autour d’un pôle végétal — Photo : Kinoak

Le bio et le végétal, c’est le segment sur lequel est positionné depuis ses débuts en 2014 le groupe agroalimentaire lot-et-garonnais Kinoak (90 salariés, 16 M€ de CA en 2025). C’est là-dessus qu’il a construit sa stratégie RSE et la croissance des quatre entreprises qu’il porte sous son ombrelle : les yaourts et desserts Péchalou et Baskalia (acquis en 2014 et 2017), les desserts et brassés fermentés La Manufacture Végétale de la société Granabio et le tofu du girondin de Locadélice, repris en 2023. Si le groupe a connu, comme l’ensemble de la filière bio, un trou d’air en 2022 et 2023, la croissance est de retour.

Une levée "à impact"

Ce redémarrage passe par plusieurs mouvements importants. Le premier est une levée de fonds obligataire de 1,25 million d’euros. Elle a été réalisée auprès du fonds Bio Filières Durables géré par Esfin Gestion, filiale du Crédit Coopératif. Deux actionnaires du groupe — Irdi/Soridec et la holding d’investissement bordelaise Bilbo — participent aussi à l’opération.

La première intervient en capital-développement et appartient au toulousain Irdi Capital Investissement. La seconde est la propriété de Vincent Lassalle-Saint-Jean, l’un des dirigeants du fabricant bordelais de sirops et boissons Maison Meneau.

Le choix d’Esfin et du montage financier n’est pas un hasard pour Kinoak. "On ne pouvait pas faire ça de manière classique par de l’emprunt bancaire ou des fonds propres, pour des questions de valorisation et de dilution. C’était le bon intermédiaire, d’autant qu’il s’agit d’un fonds à impact", assure le dirigeant du groupe, Thomas Breuzet. "Ils sont venus parce que nous avons une stratégie RSE claire, nous nous sommes d’ailleurs entendus sur une trajectoire à 5 ans."

La laiterie Péchalou, qui fabrique les yaourts du même nom, est née en 1988. Elle a été reprise par ce qui est aujourd’hui le groupe Kinoak en 2014 — Photo : Romain Béteille

Augmenter la part du bio et du végétal

Dans les grandes lignes, Kinoak, labellisé BioEntrepriseDurable et membre de la Convention des entreprises pour le climat de Nouvelle-Aquitaine, vise à augmenter sa part de produits bio de 67 à 80 % à horizon 2030, sa part de végétal de 15 à 20 % et sa part d’achats de matières premières issues du commerce équitable de 12 à 14 % à même échéance. "Ces objectifs sont faits pour être dépassés", confie Thomas Breuzet.

Le chemin vertueux arpenté pas le groupe n’est pas récent. "En 2014, Péchalou était à 18 % de bio contre 70 % aujourd’hui. Entre-temps, nous avons multiplié par trois la taille de l’entreprise. Le développement s’est donc fait grâce au bio. Baskalia, à sa reprise en 2018, ne faisait pas de bio, on n’est pas loin des 30 % aujourd’hui. Quant à Granabio et Locadélice, ils ont été créés en 100 % bio."

Cette dynamique porteuse concerne, à des degrés divers, tous les marchés du groupe. Le secteur des magasins spécialisés en bio — 40 % de l’activité de Kinoak — tourne autour des 7 % de croissance depuis 2025. La restauration collective "est aussi en forte croissance depuis cinq ans" et la GMS "se stabilise".

"En 2014, Péchalou était à 18 % de bio contre 70 % aujourd’hui. Entre-temps, on a multiplié par trois la taille de l’entreprise. Le développement s’est donc fait grâce au bio."

Nouvelles dynamiques industrielles

Pour poursuivre dans cette voie, le groupe agroalimentaire procède à quelques réorganisations. Il a investi environ 500 000 euros pour reprendre le fonds de commerce du site de La Verrie (Vendée) de la fromagerie de La Lémance, propriété du groupe Triballat (1 600 salariés, 350 M€ de CA) basé à Rians (Cher). Ce site fabriquait des yaourts au lait de chèvre bio et du skyr, produits que récupère ainsi Péchalou, qui commercialise son premier skyr en GMS en avril.

La structuration de Kinoak ne s’arrête pas là. Le groupe va rassembler les activités de Granabio et Locadélice dans un seul site de 2 000 m2 à Damazan où il actera la création d’un pôle "activités végétales". Le premier déménagera d’Agen et le second de Martignas-sur-Jalle (Gironde) où il fabrique son tofu depuis 2013. "Les métiers des deux sociétés sont très proches, on a saisi l’opportunité de les réunir", indique le PDG du groupe lot-et-garonnais.

80 %

Le site, dont il est locataire, était précédemment exploité par la Cabso, coopérative de produits bio (essentiellement des fruits et légumes), liquidée en juillet 2024. "Il est éco-conçu et possède une centrale photovoltaïque qui va produire un tiers de nos besoins en électricité. Il est plus grand que la somme des deux sites précédents, ce qui va nous permettre d’y développer de nouvelles activités pour absorber la croissance", indique encore le chef d’entreprise.

Priorité au bio

Kinoak profite de cette nouvelle phase pour renforcer sa direction en nommant Laurent Vondra, le fondateur de Granabio, en tant que directeur général des opérations, faisant de lui un associé aux côtés du PDG et actionnaire majoritaire. Avec tous ces mouvements, la société espère être prête pour atteindre 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2030. Elle le fera "prioritairement en bio", en poursuivant l’extension de sa gamme actuelle avec de nouveaux produits, sans s’interdire de potentiels rachats futurs. "Ça se fera en fonction des opportunités et en alignement avec notre raison d’être : être le plus bio possible."

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