Spécialiste des systèmes de direction pour l'industrie automobile (véhicules particuliers et véhicules utilitaires), l’équipementier japonais Jtekt va réorganiser ses activités en France. Mercredi 26 mars, la filiale Europe (1 500 salariés dont 25% en France ; 1,5 Md€ de CA), dont le siège social est basé à Irigny, dans le Rhône, a présenté aux représentants du personnel un projet de réorganisation qui pourrait se traduire par la suppression de 197 postes sur ses sites industriels français de Chevigny-Saint-Sauveur, en Côte d'Or, et d’Irigny.
Dans le détail, le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) présenté, prévoit la suppression de 85 postes à Chevigny-Saint-Sauveur et 112 à Irigny. "11 emplois pourraient être créés et 32 postes pourraient faire l’objet d’une modification du contrat de travail", précise la direction de Jtekt Europe dans son communiqué.
Une chute des volumes produits
"Cette réorganisation industrielle est impérative pour assurer la pérennité de l’entreprise en France. En total accord avec le groupe, nous avons souhaité réaffirmer l’importance et l’excellence de nos deux sites de production dédiés aux systèmes de direction", explique Yannick Lacour, directeur exécutif Europe de Jtekt.
Cette décision fait suite à "l’aggravation de la crise et la contraction des carnets de commandes". Les volumes produits sur le périmètre européen par l’équipementier automobile japonais sont passés de plus de 4,5 millions en 2019 à près de 3 millions de pièces en 2024. Une chute qui impose désormais "une réorganisation pour restaurer la compétitivité et la viabilité de ses activités en France", indique le communiqué.
Une production en baisse de 2 % attendue en 2025
D’autant que la grave crise que traverse le secteur automobile n’est pas en passe de se résorber. Sur l’année 2024, la production dans les usines d’Europe s’est rétractée de 1,4 % avec un total de 14,16 millions de voitures particulières et de véhicules utilitaires fabriqués. Selon les prévisions, la production des constructeurs européens pourrait continuer à baisser de l’ordre de 2 % sur l’année 2025. S & P, analyste reconnu du marché automobile, envisage une baisse d’ici à 2030 de plus de 3 millions de véhicules en Europe par rapport à 2017.