En 2022, Joseph Puzo, président d’Axon' Cable, a décidé de créer son propre Service de prévention et de santé au travail autonome (SPSTA) sur son site de Montmirail, qui regroupe près de 750 salariés, dans la Marne. Ce dernier est composé d’une équipe d’une dizaine de personnes comprenant des infirmières, un médecin du travail, un médecin généraliste, un cardiologue et un ophtalmologiste. Le programme est nommé Hygie Prévention, en référence à la déesse grecque de la santé, de la propreté et de l’hygiène. "Nous effectuons des prises de sang, des électrocardiogrammes, ou encore des examens des yeux", indique Joseph Puzo, le président d’Axon’Cable.
Bilans de santé pour les salariés
Les salariés du site marnais de l’entreprise sont régulièrement soumis à un bilan de santé complet, notamment pour détecter les pathologies sans symptômes ressentis, comme le syndrome du QT long, une anomalie du cœur responsable de trois morts par jour en France, ou encore le diabète de type 2. "En 2001, j’ai été touché par un lymphome des cellules du manteau, dont je suis l’un des rares survivants. Cela m’a motivé à m’intéresser à la médecine du travail et à la prévention : si ma femme n’avait pas insisté pour que je me fasse examiner, mon lymphome aurait eu le temps d’empirer", explique le dirigeant du fabricant marnais de câbles et de systèmes d’interconnexion pour l’électronique de pointe Axon’Cable (2 500 salariés, 197 M€ de CA en 2023).
Un système coûteux
Neuf ans plus tard, le service de santé au travail interentreprises d’Épernay, l’AMTER, informe Joseph Puzo que le médecin du travail qui assurait les visites médicales du site marnais d’Axon’Cable partait à la retraite, sans être remplacé. "Qu’elles soient effectuées ou non, les visites médicales du travail sont facturées 115 euros par an et par salarié, dont entre 400 et 500 euros la visite, qui avait lieu tous les 4 à 5 ans", chiffre Joseph Puzo. Au total, le dirigeant estime alors à 75 000 euros par an le prix des visites médicales pour ce site. Si ses salariés doivent effectuer leurs contrôles à Épernay, Joseph Puzo anticipe alors une nouvelle hausse de 300 000 euros supplémentaires, les salariés devant prendre l’après-midi pour se rendre sur le site médical.
En 2010, le dirigeant décide alors d’un accord avec le président de l’AMTER, pour qu’une infirmière effectue les examens sur le site de l’entreprise et transmette les résultats au médecin du travail via un logiciel de télémédecine développé par Axon' Cable. Une solution qui a duré dix ans, où l’AMTER a aidé Axon' Cable à développer le logiciel en question.
Une inspiration de la médecine du travail lettone et indienne
En parallèle, Joseph Puzo se rend dans la filiale indienne d’Axon' Cable, qui emploie 150 salariés. Puis dans la filiale lettone du groupe (750 salariés). "J’ai copié ce que j’y ai vu. En Lettonie, les salariés se rendent dans une polyclinique. Ils en font tout le tour : les soignants leur font une prise de sang, observent leurs yeux, leurs oreilles… Le seul défaut est que le système est peu informatisé", observe le dirigeant. Fort de ces connaissances, le dirigeant lance alors son propre service de santé au travail : "C’est possible dès qu’un site réunit plus de 500 collaborateurs : j’ai alors déposé une demande d’agrément auprès de la DREETS (direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités. Le principal point d’achoppement avec eux était la crainte que je ne débauche des médecins du travail des services interentreprises", décrit Joseph Puzo. Le dirigeant fait alors le choix d’embaucher de jeunes retraités pour composer son personnel de santé. Le service est aujourd’hui installé sur le site marnais d’Axon' Cable, dans un bâtiment de 200 m².
Favoriser le bien-être en entreprise
Le dirigeant s’appuie aujourd’hui sur sa propre expérience et sur les compétences acquises avec la mise en place du SPSTA d’Axon' Cable pour diriger l’entreprise. "Maintenant, quand j’ai des salariés en maladie longue, je les encourage à ne pas s’isoler : ce qui m’a sauvé, quand j’étais malade, c’était de ne pas couper les ponts avec l’entreprise. Pour moi, le travail a été un médicament", avance-t-il.
En parallèle et pour encourager le bien-être de ses salariés, Joseph Puzo a notamment mis en place sur son site marnais un programme nommé Axionate, et permettant à ses salariés de tester une activité santé, bien-être ou sportive chaque trimestre, à raison de trois séances à chaque fois. Les collaborateurs du site marnais ont ainsi pu tester le yoga, le volley-ball, la pétanque, les cours de nutrition, de cuisine, ou encore la fabrication de couronnes de l’avent.