Diplômé de l'École centrale de Lyon en 1981 (spécialisé en électronique et électricité), Jean-Marc Minière débute sa carrière chez IBM comme ingénieur informaticien. Il poursuit ensuite au sein de grands groupes tels qu'ICL Fujitsu ou encore Cap Gemini. S'il commence par des responsabilités techniques, il entame un premier virage dans les années 90 en prenant des responsabilités commerciales. «Mon souhait a toujours été de créer ma société, j'avais donc besoin de cette double compétence». En 2003, il cofonde Kosmos, PME spécialisée dans l'analyse en temps réel des flux Internet: «Une société très technique créée par des ingénieurs et une aventure qui m'a conforté dans l'idée de créer ma société afin d'être aux commandes».
Le projet
Alors qu'il participe à différents projets de création
d'entreprises entre2009 et2010, Jean-Marc Minière découvre le domaine de la réalité augmentée qui lui donne l'idée de monter une société autour des technologies de la réalité virtuelle en août2010: «Virtuasense». «On utilise les interactions entre l'humain et un système informatique pour aboutir à une immersion dans un environnement virtuel. Un secteur qui, selon moi, à de gros débouchés devant lui», précise le jeune créateur. Première réalisation concrète, en partenariat avec un laboratoire d'Amsterdam, une vitrine virtuelle interactive à destination des musées. «La démonstration provoque toujours un effet de surprise car c'est impressionnant avec une grande simplicité d'utilisation intuitive, voire instinctive». Réalisée à base de technologies gestuelles, la machine se compose d'un tracker de mouvements qui envoie des flashs infrarouges, de deux caméras qui suivent en temps réel les mouvements de l'objet que l'utilisateur tient dans les mains (grâce à un cube et une loupe électronique) et d'un écran 3D dernière génération. «Le système permet de manipuler des objets réels comme s'ils étaient dans nos mains: c'est immédiat et le rendu est très photoréaliste», explique enthousiaste le chef d'entreprise. Un projet présenté au SIMESITEM (salon des professionnels de la promotion d'offres culturelles) en janvier dernier et un stand qui a attiré les regards avec 150 contacts en trois jours pour Jean-Marc Minière: J'ai aussi pris des contacts à l'étranger en Grèce, Belgique, Algérie car ce sont des projets intéressants et stratégiques pour les musées, même si les décisions dans ces milieux professionnels sont parfois longues à prendre car elles entrent dans des projets larges de modernisation».
Les perspectives
À court terme, d'autres marchés pourraient s'ouvrir pour Virtuasense, explique Jean-Marc Minière: «La réalité virtuelle peut être utile pour le domaine de la formation, afin de permettre, par exemple, de manipuler des objets dans des environnements difficiles d'accès est ainsi, être prêt avant d'aller sur le terrain». Autres pistes, le domaine commercial avec la vente d'objets, pour des acheteurs non présents sur les lieux de vente comme lors de ventes aux enchères. Virtuasense développe aussi un axe de recherche dédié à l'interaction gestuelle pour lequel elle a mis en place un partenariat avec l'INSA. La société a également déjà répondu à plusieurs appels d'offres de musées en France et à l'étranger mais cherche aussi des partenaires: «C'est un domaine où il y a beaucoup de concurrence au niveau mondial et qui évolue très vite, nous avons donc besoin de partenaires qui pourront piloter des applications innovantes sur ces technologies».
Sébastien Colle
Avec Virtuasense, la société qu'il a créé en août2010, Jean-Marc Minière développe des applications de réalité virtuelle où la frontière s'estompe avec le réel.