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"J’ai créé des "quasi franchises" pour étendre le réseau d’Xlabs"
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"J’ai créé des "quasi franchises" pour étendre le réseau d’Xlabs"

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Le réseau choletais de laboratoires d’analyses Xlabs connaît des difficultés conjoncturelles liées aux nouvelles tarifications. Il a toutefois développé dans l’Ouest un réseau de laboratoires sous une forme innovante de "quasi franchises" qui sont associés dans le GIE MyXlab. Un moyen de maintenir l’activité du groupe et de permettre aux jeunes de s’installer, explique Michel Bendahan, le dirigeant.

Déjà huit laboratoires de trois départements ont rejoint le GIE MyXlab en 2024, se réjouit Michel Bendahan, dirigeant d’Xlabs — Photo : Xlabs

Malgré des comptes dans le rouge, les laboratoires Xlabs (13 associés, 130 salariés, 13 M€ de CA en 2023) sont parvenus à étendre leur réseau en 2024, grâce à la création du groupement d’intérêt économique MyXlab. Ce GIE représente un moyen de poursuivre le développement du groupe malgré les contraintes réglementaires. En effet, les laboratoires d’analyses n’ont pas le droit d’étendre leurs activités à plus de trois départements. Or, l’entreprise créée en 1984 à Cholet couvre déjà trois départements : elle a atteint une dimension régionale avec 13 sites en Maine-et-Loire, Deux-Sèvres et Vendée. Grâce aux GIE, huit laboratoires MyXlab ont été créés depuis janvier dernier : quatre en Loire-Atlantique, deux en Sarthe et deux dans la Vienne, le dernier ayant ouvert ses portes à Châtellerault début septembre. Ces laboratoires sont indépendants, mais associés dans le GIE. Ils mettent en commun les services RH, informatique, qualité, achats, etc, en s’appuyant sur les outils de Xlabs. "Ce sont des quasi-franchises puisque l’utilisation des moyens proposés est facultative", décrit Michel Bendahan, le dirigeant du groupe. Le GIE a mobilisé une vingtaine de collaborateurs pour assurer le démarrage, une dizaine d’entre eux ont depuis été repris par Xlabs. Les laboratoires satellites MyXlab bénéficient des contrats de groupe d’Xlabs avec certains fournisseurs, ainsi que de la centrale d’achat s’ils souhaitent y adhérer.

"Notre modèle est désormais à disposition de jeunes biologistes qui voudraient créer une structure"

Un schéma différent pour aider les jeunes

Ce schéma "est différent de ce qui s’est fait en France jusqu’à présent", assure Michel Bendahan. Il espère ainsi lutter contre la financiarisation d’un secteur que se partagent de grands groupes étrangers. "Notre modèle est désormais à disposition de jeunes biologistes qui voudraient créer une structure. C’est le seul modèle qui leur permette d’accéder à la propriété de leur outil de production et qui leur propose un outil anti-OPA. Il faudra tout de même qu’ils parviennent à financer leurs locaux et l’équipement, mais nous leur proposons la structure juridique et technique, ce qui limitera leur investissement."

En particulier, Xlabs apporte son expertise pour naviguer dans une réglementation complexe, voire "ubuesque" pour obtenir les autorisations. Pour assurer le lancement, Xlabs s’est appuyé sur un crédit structuré, qui assure le fonds de roulement du GIE, mais le groupe choletais n’ira pas plus loin dans son soutien aux futurs candidats, "notre autonomie financière ne nous le permet pas". Les premiers mois d’activité sont encourageants. "Les laboratoires MyXlab ont très bien démarré, les deux premiers atteignent plus de cent patients".

Une innovation technologique en vue

Autre sujet de motivation, Xlabs est en négociation avancée avec le laboratoire allemand de référence sur le séquençage à haut débit pour les diagnostics en microbiologie. "Il réalise ces analyses pour nous aujourd’hui, mais est saturé. Nous allons acheter les machines et notre partenaire nous formera", annonce Michel Bendahan. Premier laboratoire en France à avoir réalisé de la chromatographie de masse pour identifier des bactéries, Xlabs entend ainsi maintenir son positionnement sur l’innovation.

Le groupe en profonde restructuration

Ces éléments structurants offrent des raisons d’espérer à Michel Bendahan, alors que son entreprise traverse une période houleuse. "Nous affrontons une restructuration profonde", témoigne-t-il. "Nous avons perdu plus de 40 postes depuis le début de l’année, principalement des démissions. Nous avons réalisé des pertes en 2023 malgré une activité croissante. Nous ne pouvons plus octroyer de prime d’intéressement ni de participation. Le personnel est démotivé." En cause, entre autres, "l’accumulation de contraintes administratives et les tarifs réglementés qui ont été revus à la baisse" par la Caisse nationale d’assurance maladie. Conséquence : "l’engagement des laboratoires libéraux dans la permanence des soins va cesser. Désormais, nous fermons à 13 heures ainsi que les dimanches et jours fériés. Avant, nous assurions le service 24 heures sur 24", regrette le dirigeant, qui ne décolère pas contre "la frénésie normative".

Compte tenu des nouvelles orientations de son groupe, le dirigeant espère que Xlabs retrouvera l’équilibre en 2025.

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